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Ice caché dans la couche du bébé : les parents et les complices condamnés

L' »appât du gain » , encore et toujours.

Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Papeete s’est penché sur une affaire d’importation d’ice depuis Los Angeles en septembre dernier, qui avait interpellé par sa méthode : 602 grammes au total, dont une partie dissimulée dans la couche du bébé du couple, qui comparaissait avec deux complices devant la justice.

La drogue était dissimulée de plusieurs manières : 157 grammes dans le vagin de Léa*, 156 grammes dans la couche de son enfant et d’autres ovules dans le rectum de son mari, Julien. La marchandise, dont la valeur est estimée par les douanes à 48 millions de Fcfp, était destinée à la revente et à la consommation personnelle.

Léa affirme avoir organisé le voyage, payé 800 000 Fcfp par l’intermédiaire d’une agence, en partie grâce à l’argent provenant des ventes d’ice de son mari. Ensemble depuis douze ans, le couple a connu des épisodes de violences, notamment lorsqu’elle découvre la consommation, importante, de son conjoint, qui dépensait une grande partie de son salaire (200 000 Fcfp par mois en tant que cordiste) dans l’ice.

Un précédent voyage aux États-Unis leur avait permis de rapporter une centaine de grammes. Le deal s’était « bien passé », raconte-t-elle. Suffisamment pour réinvestir l’argent dans un autre aller-retour. Cette fois, outre le couple et les enfants, Thomas (un collègue de Julien) et sa copine Jenny, 19 ans, sont du voyage.

Léa, qui gagnait elle aussi 200 000 Fcfp par mois grâce à son activité de fleuriste, comptait développer son entreprise. L’argent devait servir, en outre, à régler les factures, offrir des cadeaux aux enfants et « se faire plaisir », en restaurants ou en voyages.

Pour assurer le coup, un agent de sûreté aéroportuaire de Faa’a est contacté par le père. Il lui aurait ainsi expliqué qu’il était possible de corrompre des autorités pour faire passer quatre kilos d’ice, moyennant un bakchiche de 20 millions de Fcfp.

Thomas, cordiste en CDI depuis quatre ans, se présente comme un « petit revendeur » , mais gros consommateur. Il a participé au conditionnement de la drogue dans les préservatifs et ballon, dans la chambre d’hôtel, espérant récupérer une partie de la marchandise au retour.

Enfin, Jenny reconnaît avoir vite compris le but du voyage, mais affirme avoir renoncé à servir de mule. Si elle a hésité, elle a néanmoins embarqué, craignant de ne pas pouvoir rembourser Léa si elle faisait machine arrière. Elle espérait acheter du matériel de prothésiste ongulaire aux États-Unis.

« Vous ne reconnaîtrez pas votre Pays »

Pour la procureure, le dossier est relativement simple, à l’exception de la répartition des responsabilités, notamment celle de Léa, qu’elle perçoit comme une gestionnaire active de l’affaire. « Difficile d’imaginer qu’elle a été forcée à ce point » par son mari, estime-t-elle. Elle dénonce également la mise en danger du bébé : « Un enfant de 12 mois n’est pas un légume dans son transat. Je n’ose imaginer si sa peau avait été en contact avec l’ice », souffle-t-elle.

Surtout, elle s’inquiète des risques d’escalade du trafic en Polynésie française, craignant des futurs règlements de comptes entre bandes rivales. « Aujourd’hui, vous ne la connaissez pas, cette Polynésie-là. Et je ne vous le souhaite pas (…). Si vous ne vous posez pas ces questions là, vous ne reconnaîtrez pas votre Pays », alerte-t-elle.

Tenant compte du fait que les quatre prévenus n’avaient pas d’antécédents judiciaires en matière de stupéfiants, elle requiert quatre ans d’emprisonnement contre Julien, dont six mois avec sursis probatoire pendant 24 mois, et la même peine contre Thomas. Quatre ans contre Léa, dont un an avec sursis probatoire pendant 24 mois. Pour Jenny, elle requiert deux ans d’emprisonnement avec sursis pendant 24 mois, assortis d’un travail d’intérêt général, soulignant son « repentir actif ».

Des peines suivies par le tribunal, qui a condamné le couple à 4 ans de prison. Seule Jenny, condamnée à deux ans de prison avec sursis, n’a pas été incérée.

*Les prénoms ont été modifiés

Source : tntvnews.pf