Le Raymi “sous la responsabilité de l'État”

Le Raymi “sous la responsabilité de l'État”

Le Raymi “sous la responsabilité de l'État”
Tahiti le 22 août 2026 – Après la voie d’eau constatée sur l’épave du Raymi, au port de Papeete, le Pays assure que “juridiquement (…) le bateau est sous la responsabilité de l'État”, déjà sommé officiellement de réagir. Pour la fédération des associations de protection de l’environnement (Fape) “ce n'est quand même pas normal qu'on laisse un bateau dans ces conditions, dans le port”.
 
Quinze jours après avoir décelé une voie d’eau sur le chalutier épave Raymi, la question des responsabilités est plus que jamais d’actualité. Rappelons que ce navire a été arraisonné et saisi en décembre 2024 par la Marine nationale au sud de la zone économique exclusive de la Polynésie française, avec plus de 500 kilogrammes de cocaïne à bord. Il est depuis maintenu à quai au port de Papeete.
 
Le président de la fédération des associations de protection de l’environnement, Winiki Sage, se dit inquiet face à un navire aujourd’hui sur le point de couler” et déplore qu’il soit toujours à Fare Ute sans que rien n’ait été fait depuis deux ans, ni entretien ni solution de déplacement : “on ne comprend pas pourquoi on arrive à cette situation. Alors on nous dit qu'il faut rechercher le propriétaire. Malgré tout ça, malgré ces difficultés administratives, ce n'est quand même pas normal qu'on laisse un bateau dans ces conditions, au port.” Et pour le président de la Fape en termes de responsabilités, la situation est claire : “c'est l'État et la douane qui devraient s'en occuper (…). Il y a déjà eu des interventions dans le passé, et ce n'est pas normal qu'on arrive à cette situation”.
 
Le président de la Fape annonce vouloir interpeller l’État à ce sujet et en appelle à une solution rapide. “Il faut que tout le monde s'y mette parce que là, il s'agit quand même d'une pollution. Ce n'est pas juste un port, aujourd'hui c'est un espace de vie pour beaucoup de personnes. Il faut absolument qu'on prenne des mesures d'urgence et c’est ce que la fédération souhaite”, martèle Winiki Sage.
 
De grands travaux d’agrandissement et d’approfondissement de la passe sont prévus pour sécuriser le passage des gros cargos, rappelle-t-il. Et selon lui il faut “profiter de tous ces travaux pour faire le ménage et pour retirer toutes ces épaves qui polluent aujourd'hui notre port”.
 
Quant au devenir de ces épaves : “Je ne suis pas spécialiste, reconnait Winiki Sage, mais effectivement, dans certains pays, ils les récupèrent et puis ils les découpent. Je ne sais pas si c'est possible aujourd'hui (…). On verra ce que va nous proposer le port autonome et l'État (…). Pour nous, le plus important, c'est qu'il n'y ait pas de pollution.”  

“On a mis en demeure l'État plusieurs fois pour qu'il réagisse”
Interrogé également à ce sujet, le ministre des Grands travaux, de l’Équipement, Jordy Chan, assure sans détour que “juridiquement parlant” le chalutier Raymi est “sous la responsabilité de l'État, puisque c'est l'État qui a saisi le navire en raison de la suspicion de trafic de drogue. Donc, depuis 2024, normalement, l'État est en charge du navire”.
 
Le ministre de tutelle du port autonome assure que le Pays “a mis en demeure plusieurs fois [l’État] pour engager les procédures nécessaires à la déchéance de propriété et faire en sorte que le navire ne reste pas à quai et puisse être traité, et qu'il n'y ait pas risque qu'il coule, notamment. Maintenant, on attend une décision de l'État sur ce point-là”.
 
Le Pays a pour l’instant pris “les devants pour sécuriser du mieux qu'on pouvait (…) même si ce n'était pas forcément notre obligation”, souligne le ministre. “Il fallait le faire parce que c'était nécessaire. Maintenant, c'est à l'État de de faire le nécessaire pour évacuer ce navire du port.”
 
Le ministre Jordy Chan espère que, d’ici là, le chalutier ne coulera pas”. Le Pays a mis en demeure l'État “plusieurs fois pour qu'il réagisse. Le port a pris les devants pour essayer de faire en sorte que le Raymi ne coule pas. Mais si on ne réagit pas rapidement, cet accident pourrait survenir. Je pense que ce sera quand même désastreux pour le port”.
 
Pour faire face aux urgences, il y a 15 jours le Port autonome est intervenu pour pomper les eaux qui s’étaient infiltrées dans le Raymi. Un barrage antipollution a été mis en place et un traitement des eaux polluées a été effectué. Selon nos informations, toutes ces opérations ont coûté au Pays une quinzaine de millions de francs qui ont été facturés à l'État. Ce navire saisi par les services de l’État est maintenu sous surveillance. Mais l’urgence se fait pressante.

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