
Jeux en ligne et réseaux : la police nationale apprend aux collégiens à déceler le cyberharcèlement
Depuis 2019, une loi de Pays interdit les téléphones portables dans l’enceinte des collèges. Pourtant, ils sont nombreux à emmener leur smartphone en classe. Un appareil généralement acheté par les parents pour rester en contact, mais qui sert plus souvent à se connecter sur internet.
Jeux en ligne, réseaux sociaux… sur la Toile, les mineurs sont particulièrement vulnérables. Car derrière un pseudo, un avatar, peut parfois se cacher un adulte aux intentions malveillantes.
« Certains se filment sur TikTok, même en classe, et n’ont pas du tout conscience de la portée de leurs actes«
Ce jeudi, deux agentes de la police nationale sont allées à la rencontre de classes de 5e du collège de Taaone. Des sessions demandées par l’établissement. « C’est un partenariat que nous avons mis en place depuis deux ans maintenant, déclare Emmanuelle Pirai, proviseure adjointe. On a remarqué beaucoup d’élèves utiliser les appareils numériques, téléphone portable, tablette. Ils avaient des comptes sur les réseaux sociaux alors qu’ils n’ont pas l’âge d’y aller. (…) Et les parents, lorsqu’on les reçoit, sont effarés de voir que les enfants ont des réseaux sociaux, qu’ils sont sur des plateformes, qu’ils n’ont pas le droit d’y aller. Certains se filment sur TikTok, même en classe, et n’ont pas du tout conscience de la portée de leurs actes et des conséquences que cela peut y avoir. Ils filment à l’insu de leurs camarades et des professeurs, bien entendu, et cela peut avoir des conséquences. Donc nous, nous sommes vraiment partis sur une culture de la prévention, de la sensibilisation, pour que tout le monde se sente concerné par cette problématique. »
Grâce à des vidéos, des jeux, et beaucoup d’échanges, Noelani parvient à sensibiliser les enfants. « Mon rôle, c’est de les aider à mettre des mots sur des situations qu’ils ont vécues (…) Ce qui me dérange, c’est que beaucoup banalisent. Ils disent ‘Oui, madame, moi, ça va, je gère.’ On essaie de décortiquer avec eux et de leur dire ‘attention, il y a un danger là et tu peux aller demander de l’aide au cas où’. Le cyberharcèlement peut commencer lorsqu’ils jouent en ligne. Par exemple, ça peut être un commentaire, une insulte. »

La particularité du harcèlement est la répétition de ces agressions. Sur internet, les auteurs peuvent également manipuler les plus jeunes pour obtenir des données, des images et les faire chanter.
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Mais la policière en est consciente, ce sont aussi les parents qui doivent prendre conscience des dangers d’Internet : « ce que j’aimerais apporter comme conseil aux parents, c’est de s’intéresser, justement, à ce que leur enfant est en train de regarder sur les réseaux. (…) S’intéresser, ce n’est pas seulement regarder, mais parler. On a ce souci, ce gros problème, c’est la communication. Et il ne faut pas gronder tout de suite. À chaque fois qu’on parle de la demande d’aide, il y en a une grande partie des élèves qui disent qu’ils ont peur. Il faut s’asseoir avec les enfants, prendre le temps, parler. »
La lutte contre le cyberharcèlement est une des missions de l’Office mineur. Une antenne a bien été créée au fenua, mais uniquement sur le papier. Pour l’instant, la cellule n’est pas réellement entrée en fonction. Mais les auteurs, mineurs, comme majeurs, sont tout de même recherchés et punis. Ils risquent même des peines d’emprisonnement. Et l’utilisation d’un pseudo ne les protège en rien. « Nous avons des moyens de remonter jusqu’à eux », assure ainsi le Major Timiona Hapaitahaa, enquêteur spécialisé en cybercriminalité.
Avant la répression, reste la prévention : lls sont à ce jour 4 agents de la DTPN dédiés à la sensibilisation en particulier dans les établissements scolaires, du primaire au lycée, mais aussi dans les associations, entreprises et administrations. Une équipe qui grandit pour répondre aux nombreuses sollicitations. La police nationale intervient sur plusieurs thématiques. Outre le cyberharcèlement, elle sensibilise aussi aux dangers des drogues.
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