​Tāvini : un congrès avant la défiance

​Tāvini : un congrès avant la défiance

​Tāvini : un congrès avant la défiance
Tahiti, le 18 juillet 2026 – Le conseil fédéral du Tāvini Huira’atira s’est réuni ce samedi matin. Si la motion de renvoi est écartée, c’est désormais une motion de défiance qui se profile pour tenter de renverser le gouvernement. “On va attendre le congrès”, a toutefois indiqué le vice-président du parti, Antony Géros, candidat désigné pour “remplacer” Moetai Brotherson, tout en sachant qu’il va “falloir discuter avec les autres groupes”. De son côté, la ministre Vannina Crolas, qui s’est exprimée sur sa récente volonté de démissionner du gouvernement et du parti, a lancé un ultime appel au rassemblement pour continuer à mener les réformes.
 

Une centaine de membres du Tāvini Huira’atira étaient réunis ce samedi matin à la permanence du parti à Faa’a, au terme d’une semaine politiquement mouvementée. La motion de renvoi est désormais écartée, comme l’a partagé le président du Pays, Moetai Brotherson, en publiant sur les réseaux sociaux un courrier du président de l’assemblée de la Polynésie française, Antony Géros, assorti d’un “tout ça pour ça, bref, et si on travaillait maintenant au lieu de faire obstruction systématique à l’action du gouvernement ?”. Si les projets de délibération relatifs au deuxième collectif budgétaire “sont considérés comme adoptés”, les divergences et l’instabilité restent d’actualité.
 

​“Il a été décidé de renverser ce gouvernement”

Au terme de plus de trois heures d’échanges ponctués de plusieurs interventions du leader Oscar Temaru, les cadres du parti bleu ciel ont confirmé la volonté de changement de gouvernance à la tête du Pays. “Ça fait trois ans déjà que le Tāvini Huira’atira fait le dos rond. On a essayé de se réconcilier par tous les moyens avec nos amis qui ont décidé de s’éloigner du parti. Plus ça va, plus le fossé se creuse, donc il fallait bien prendre une décision : ce matin, il a été décidé de renverser ce gouvernement”, indique le secrétaire général du parti, Vito Maamaatuaiahutapu. Pour y parvenir, des négociations se profilent : “J’ai proposé qu’on nous laisse, le comité directeur et les élus, mettre en place un programme, un canevas de travail parce qu’il est évident que le Tāvini Huira’atira ne pourra pas le faire tout seul. On n’a pas la majorité, donc il va falloir discuter avec les autres groupes”.
 
La candidature d’Antony Géros a été proposée et applaudie pour “remplacer” Moetai Brotherson à la tête du Pays. “Ça s’arrête là”, prévient le vice-président du Tāvini, qui reste prudent. “Ce n’est pas que le groupe Tāvini qui pourra installer quelqu’un à la tête du gouvernement actuel. La base de ces négociations ne semble pas avoir été complètement discutée ce matin (...). Tout ce qu’on a eu, ce sont les décisions du conseil fédéral, donc on va amener ça en congrès dans les mois ou peut-être les semaines qui viennent”, précise Antony Géros dans une démarche de validation. Un projet de renversement qui suppose aussi une coalition : “Il faut entendre les complaintes ou les propositions faites par l’autre partie de la coalition. Une fois qu’on tombe d’accord sur les éléments essentiels qui puissent permettre un vote consensuel, on présente à ce moment-là une motion de défiance. Il n’y a pas d’autre solution, à moins qu’il (Moetai Brotherson, NDLR) démissionne et ce sera le vote d’un nouveau président”.
 

​Tāvini : un congrès avant la défiance

​Vannina Crolas prône le rassemblement

Une approche qui n’est pas soutenue par la ministre de la Fonction publique, Vannina Crolas, qui prône le rassemblement : “Je suis plus pour un travail commun pour le reste de la mandature entre le gouvernement, l’assemblée et le parti, mais le conseil fédéral en a décidé autrement. Il y a des discussions à avoir entre les dirigeants du parti et le président Moetai à ce sujet. J’espère toujours qu’ils ne vont pas réussir à rassembler le nombre de voix nécessaires pour la motion de défiance et qu’on sera obligés de se rassembler, A Fano Ti’a et le Tavini, parce qu’on partage les mêmes objectifs, mais pas la même façon de faire”.
 
La ministre s’est d’ailleurs exprimée sur sa récente volonté de démissionner à la fois du gouvernement et du parti indépendantiste. “Lorsqu’il y a eu la scission, (...) j’ai dit à président Moetai que je préférais me retirer parce que je ne suis plus en phase avec cette dimension politique du gouvernement. Il m’a dit qu’il y avait des réformes importantes à mener, et c’est en répondant à cette demande que j’ai rencontré les dirigeants du parti, notamment le président et le vice-président, qui m’ont demandé de rester au gouvernement pour poursuivre les réformes”, explique Vannina Crolas, tout en indiquant que la vice-présidente, Minarii Galenon, avait eu le même cas de conscience. Quant à son projet de démission du parti, il est lié à l’exploitation des fonds marins et à l’autoproclamation, “qui vient en contradiction avec les textes du parti en faveur d’une reconquête démocratique de notre souveraineté”. La ministre a indiqué qu’elle aviserait selon l’issue du congrès quant à la clarification de la stratégie du parti indépendantiste sur ce point.
 

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