​Le tourisme recule mais la construction maintient l'économie polynésienne

​Le tourisme recule mais la construction maintient l'économie polynésienne

​Le tourisme recule mais la construction maintient l'économie polynésienne
Tahiti, le 10 juillet 2026 - Bonne nouvelle, l'économie polynésienne continue de se maintenir depuis le début d'année. Selon le dernier point de conjoncture de l'Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), l'activité économique progresse de 3,2 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l'an dernier.  

Mais un changement majeur est à noter : le tourisme, moteur de l'économie locale ces dernières années, n'est plus le principal vecteur de dynamisme... La fréquentation touristique est en recul de 6,4 % en un an, soit depuis le premier trimestre 2025, avec seulement 50 900 visiteurs accueillis entre janvier et mars. La baisse touche plus fort le tourisme flottant (-12,2 %).  

Plus préoccupant et inédit : le marché nord-américain, premier contingent de visiteurs et clientèle parmi les plus dépensières du territoire, est en net retrait. Les touristes originaires d'Amérique du Nord, qui représentent encore la moitié des visiteurs en hébergement terrestre marchand, sont moins nombreux et pèsent directement sur les résultats de l'hôtellerie internationale, dont les ventes reculent de 15,2 % sur un an.  

Pour autant, l'économie polynésienne ne s'essouffle pas. Au contraire. Si la croissance se poursuit, c'est grâce à un changement de moteur. Désormais, ce sont les entreprises tournées vers le marché intérieur, les investissements et surtout la construction qui soutiennent l'activité. 

​Les bons chiffres de la construction

Le secteur du bâtiment et des travaux publics affiche une progression extraordinaire de son chiffre d'affaires de 15,5 % au premier trimestre. Une performance qui s'explique en partie par les nombreux chantiers engagés dans la perspective des Jeux du Pacifique de 2027, mais aussi par le maintien d'une forte demande des ménages en matière de construction et d'habitat.  

Cette dynamique de la construction se répercute directement sur l'emploi. Le secteur explique à lui seul plus de la moitié des créations d'emplois enregistrées depuis un an.  

La Polynésie compte désormais plus de 76 000 salariés, soit près de 1 800 emplois supplémentaires par rapport au premier trimestre 2025. Les effectifs dans la construction progressent de plus de 7 % sur un an, illustrant le rôle central du BTP dans le maintien de l'activité économique.  

Les investissements confirment cette tendance en profitant de la baisse du coût du crédit, les particuliers se tournent davantage vers l'immobilier. Les crédits à l'habitat bondissent de 27 % en un an pour atteindre 8,6 milliards de francs. Les entreprises, elles aussi, continuent d'investir. À noter : les crédits immobiliers qui leur sont accordés progressent de 218 %, tandis que les crédits à l'équipement augmentent de 85 %. Cette confiance des acteurs économiques se traduit dans les importations de biens d'équipement, en hausse de plus de 7 % sur un an.  

La consommation des ménages montre, a contrario, quelques signes de faiblesse. Les importations de produits alimentaires et de biens de consommation diminuent ce qui laisse présager des arbitrages dans les dépenses des foyers. Les ménages semblent davantage privilégier certains investissements, notamment dans l'habitat ou l'automobile, plutôt que les dépenses courantes.  

L'inflation reste contenue. Pas de grands mouvements avec, en moyenne trimestrielle, les prix qui n'augmentent que de 0,1 % sur un an. La progression de la masse salariale, qui atteint désormais plus de 73 milliards de francs, contribue à soutenir la consommation.  

Autre point de vigilance : les exportations de produits locaux (perles de culture, vanille). Elles chutent fortement au premier trimestre, principalement en raison de l'effondrement des exportations de perles brutes, en baisse de plus de 44 % en valeur sur un an pour la perle et de 11 % pour la vanille. Une contre-performance qui contraste avec les exportations de poissons qui, elles, augmentent de 18,2 % en valeur, essentiellement vers les États-Unis, qui achètent principalement du thon frais ou réfrigéré. Leur évolution en valeur contribue pour 1,5 point à l’évolution totale.  

Finalement, ce premier trimestre 2026 marque sans doute une évolution importante du modèle économique du Pays. Après plusieurs années durant lesquelles la reprise touristique avait porté l'ensemble de l'économie, la croissance repose aujourd'hui plus sur les investissements, les grands chantiers et la demande intérieure.

​Le tourisme recule mais la construction maintient l'économie polynésienne
Au premier trimestre 2026, la croissance de l'économie polynésienne (+3,2 %) est principalement portée par la demande intérieure et le secteur de la construction.

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