La France doit "repenser" sa stratégie climatique internationale, recommande le Sénat

La France doit "repenser" sa stratégie climatique internationale, recommande le Sénat

La France doit
Paris le 9 juillet 2026. Nouvelle organisation des COP, nouveaux partenariats, meilleure répartition des financements: la France doit repenser sa stratégie climatique internationale pour la rendre plus "lisible" à l'heure où la protection du climat est fortement remise en cause, estime jeudi un rapport sénatorial.


"Le sujet du climat intéresse quand il fait chaud. Et il est trop souvent délaissé quand les températures redeviennent clémentes (...) ou parce que l'actualité nous inonde sans cesse d'autres sujets", a déploré jeudi Teva Rohfritsch, le rapporteur du texte, lors d'une conférence de presse.

Pour sortir la politique climatique "des cercles d'experts", les sénateurs recommandent de la décliner dans un document unique - une "stratégie nationale de diplomatie climatique" - rendu public et qui fixerait pour cinq ans "les priorités géographiques, diplomatiques, économiques et scientifiques de la France en matière climatique". 

Un débat préalable aux COP, les négociations climatiques organisées chaque année sous l'égide de l'ONU, devrait également avoir lieu au Parlement, ajoute le rapport.

"Ce n'est pas un accessoire, c'est essentiel, car la question de l'urgence climatique doit être largement partagée, et pas seulement quand le thermomètre s'affole", estime M. Rohfritsch, sénateur (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants) de la Polynésie française.

"Si le modèle des COP a fait ses preuves" leur "organisation touche aujourd'hui ses limites" et il convient de la rendre "plus fluide et efficace", indique le rapport.

Il est notamment "urgent" d'inscrire les présidences de COP dans une "logique de continuité sur cinq ans afin de renforcer la cohérence des négociations et le suivi des engagements". Et d'associer à chaque présidence un pays particulièrement vulnérable.
Concernant la France, la mission sénatoriale recommande d'intégrer au moins un représentant des Outre-mer aux équipes de négociation.

Autre volet de réflexion des sénateurs: la finance, dossier sur lequel achoppent de nombreuses négociations internationales ces dernières années.

Pour sortir de ce "blocage", le rapport recommande de faire "évoluer la participation de chacun".

"La transition climatique ne pourra pas reposer exclusivement sur la bonne volonté de l'Europe, qui est de loin la principale contributrice aujourd'hui, mais devra être également soutenue par les autres pays comme la Chine, l'Inde ou les pays du Golfe", a souligné Teva Rohfritsch, en appelant également à la "mobilisation de capitaux privés".

La diplomatie climatique française doit "travailler, avec nos partenaires européens, à monter des coalitions de volontaires autour d'objectifs ambitieux, sans attendre un consensus qui mettra du temps à se former", estime encore le rapport.

"Nous devons (...) établir une réelle doctrine française et européenne vis-à-vis de la Chine. (...) La tâche n'est pas aisée, mais rien ne se fera sans un accord avec la Chine (...) a minima, sans une collaboration qui tienne compte de ses intérêts comme des nôtres", a déclaré le sénateur Rohfritsch.

Enfin, le rapport préconise de "renforcer le suivi concret des engagements pris lors des COP" en mettant "l'accent sur les résultats très concrets" des politiques climatiques afin de "mettre en place un cadre pour assurer le suivi de la redevabilité", processus permettant de s'assurer que les engagements pris sont bien respectés, a expliqué le rapporteur. Le texte appelle à "lutter contre le sentiment d'impuissance" et les "récits anxiogènes".

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