Une femme condamnée pour des violences habituelles sur son mari lourdement handicapé

Une femme condamnée pour des violences habituelles sur son mari lourdement handicapé

En début d’année, un médecin intervenant à domicile a effectué un signalement aux autorités car il suspectait des maltraitances sur l’un des ses nouveaux patients.

Un homme de 70 ans, victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2024 qui l’a laissé lourdement handicapé. Le septuagénaire est aujourd’hui en partie paralysé, sourd, et il a perdu l’usage de la parole. Il doit être assisté dans tous les actes de la vie quotidienne.

Lors de sa prise en charge au CHPF de Taaone, les soignants ont constaté de multiples lésions “d’âges différents”, des hématomes, et son cou laissait apparaitre des traces de strangulation.

C’est une très longue histoire, mais je suis là pour reconnaitre”, a d’emblée déclaré son épouse, mardi à la barre du tribunal où elle était jugée. Sans entrer dans les détails, cette quinquagénaire a reconnu avoir violenté son mari à plusieurs reprises.

De nature, il est grossier. Il me crachait au visage et m’insultait. Je ne me suis pas maîtrisée (…) Pour moi, mon mari a encore toute sa tête. Il comprend très bien quand je lui parle”, a-t-elle expliqué.

Selon ses dires, l’homme était particulièrement violent avec elle lorsqu’il était valide et que tous deux vivaient sur un atoll reculé des Tuamotu.

Il me prenait par les jambes et me trainait par terre. Il me donnait des coups même si je n’avais rien fait (…) Je n’ai pas les preuves pour vous montrer, mais j’ai vraiment été maltraitée par cet homme”, a-t-elle assuré.

Puis la quinquagénaire de souffler, en sanglots : “Ce que j’ai fait à mon mari, c’est rien du tout par rapport à ce qu’il a fait sur moi. Mais je sais que j’ai eu tort. Je voulais aussi me venger de lui”.

“Ce n’est pas tout blanc tout noir

Mais pour l’avocate du septuagénaire, celui-ci a été “à la totale merci” de son épouse qui l’a “maltraité pendant des mois”. “On vous évoque des violences conjugales, mais il n’y a jamais eu de plainte”, a soulevé Me Hina Lavoye.

Son client est aujourd’hui placé dans une famille d’accueil est “a repris du poids”: “Il est beaucoup plus vif. Il reparle à nouveau mais refuse de parler de sa femme”.

L’avocate de l’épouse a, elle, considéré que c’est “l’absence de reconnaissance” de la victime à l’égard de son épouse, qui veillait sur lui depuis son AVC “24 heures sur 24”, qui a été l’élément déclencheur.

 “On s’occupe de quelqu’un et il vous crache à la figure et vous insulte. Ma cliente a vécu un passage difficile. Elle a pu être excédée. Ce n’est pas tout blanc tout noir”, a plaidé Me Betty Hayoun.

Un sentiment partagé par le procureur Michel Mazars, évoquant un dossier “beaucoup plus complexe” qu’il n’y parait. “La victime a dit elle même que certaines lésions sont consécutives à des chutes dont il est seul responsable”, a souligné le magistrat.

Et on ne peut pas balayer d’un revers de main la difficulté que représente la prise en charge d’une personne à l’état aussi dégradé (…) Mais cela n’excuse en rien les faits de violences reprochés à madame”, a-t-il ajouté en réclamant une peine de 3 ans, mais entièrement assortie d’un sursis. L’épouse a finalement été condamnée à 15 mois de prison avec sursis.

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