
Mondial 2026 : des streams pirates bloqués automatiquement en France, mais pas en Polynésie
La guerre contre le piratage des matches de foot en streaming bat son plein. Saisi par beIN Sports France, le tribunal judiciaire de Paris a enjoint, début juin, une quinzaine de fournisseurs d’accès à internet métropolitains (Orange, SFR, Free, Bouygues…) de couper automatiquement l’accès à cinq plateformes pirates largement utilisées par les internautes français, utilisateurs d’IPTV illégaux. Le dispositif, validé sous l’égide de l’Arcom, prévoit également un mécanisme dynamique pour bloquer en temps réel tout nouveau site miroir ou adresse IP qui émergerait d’ici la finale du 19 juillet.
Les internautes du fenua, eux, naviguent dans un cadre différent. Le jugement précise explicitement que le Code du sport n’est pas applicable sur le territoire polynésien (ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna). Faute d’extension législative de ces compétences métropolitaines en matière de police du net, les fournisseurs d’accès internet locaux ne sont pas soumis à cette obligation de filtrage, laissant les règles du Pays faire foi.
Longtemps, l’Arcom et les opérateurs se contentaient de couper le DNS, une barrière facilement contournable par les réseaux clandestins en changeant de nom de domaine ou en utilisant des DNS alternatifs. D’où l’arme déployée pour cette Coupe du monde : le blocage IP en temps réel. Désormais, la justice frappe directement l’adresse du serveur qui héberge la vidéo. Lors des tests sur la Ligue 1, l’Arcom a affirmé couper plus de 95 % des flux illégaux en moins de trente secondes après détection. Éprouvé lors de Roland-Garros en mai dernier, ce système passe à l’échelle supérieure pour les 104 matchs du Mondial de foot. Une proposition de loi doit être examinée par l’Assemblée nationale d’ici le 30 juin pour automatiser encore davantage ces coupures et interdire le contournement via certains VPN.
Si les internautes polynésiens ne sont donc pas directement concernés par la décision du tribunal, ce n’est pas le cas des resquilleurs métropolitains. En mars 2026, une vingtaine d’utilisateurs d’IPTV pirates avaient écopé d’amendes de 35000 à 47000 Fcfp pour recel de contrefaçon.
Pour identifier ces utilisateurs, les autorités n’ont plus besoin de traquer les adresses IP en ligne : il leur suffit de démanteler un réseau et de saisir ses bases de données de clients et ses traces de paiement.
Au-delà du risque judiciaire et des coupures de flux en plein match, l’IPTV low-cost expose à des piratages majeurs. Les applications et boîtiers pirates intègrent fréquemment des virus ou logiciels espions capables de voler les coordonnées bancaires ou d’enrôler les ordinateurs dans des réseaux non identifiés.
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