Otahi boycotte la rencontre avec le gouvernement

Otahi boycotte la rencontre avec le gouvernement

Tahiti Infos
Otahi boycotte la rencontre avec le gouvernement
Tahiti, le 29 avril 2026 - La fête du Travail, le 1er mai, est l’occasion pour les syndicats d’exposer leurs doléances au gouvernement. Pour la première fois, Otahi va boycotter cette rencontre. “Je suis fatiguée de m'imposer et de toujours demander, ou quémander” par rapport à la limitation du nombre de participants, explique la secrétaire générale Lucie Tiffenat.    
 
Lors de la traditionnelle rencontre annuelle du 1er-Mai, les syndicats devraient être reçus par le gouvernement pour échanger notamment sur leurs différentes doléances. Le bureau de Otahi a décidé de boycotter cette rencontre et ce pour deux raisons, explique la secrétaire générale Lucie Tiffenat.
 
D’abord, elle ne comprend pas pourquoi le Pays limite le nombre de participants à deux maximum par centrale. Les membres de mon syndicat souhaiteraient être présents, ne serait-ce que pour écouter ou être là tout simplement sans même prendre la parole, comme on l’a toujours fait.” Lucie Tiffenat ajoute qu’elle a essuyé un refus net et précis. “On m'a répondu : ‘Ce sera comme ça et ce sera toujours comme ça’.”
 
Elle dénonce également le fait que le gouvernement Brotherson ait donné une deadline aux syndicats pour l’envoi de leurs doléances. “On nous envoie des invitations le 21, voire le 22, j’en prends connaissance et je me rends compte qu'on a deux jours pour envoyer les sujets qu'on souhaite aborder lors du 1er-Mai. Eux, de leur côté, on peut attendre plusieurs jours, c’est un manque de respect.”
 
Rappelons que c’est la première fois que Otahi ne sera pas présent à ces discussions. “Je suis désolée, Otahi a toujours respecté les choses, mais là, il faudrait que ça évolue, surtout que ce n'est pas la première fois (…). Je suis fatiguée de m'imposer et de toujours demander, ou quémander... Non, je suis fatiguée.” Une limitation du nombre de participants qui, selon elle, n’est pas justifiée puisqu’aucun déjeuner n’est prévu. “Je ne vois pas ce qui gêne”. La syndicaliste rappelle d’ailleurs que les centrales syndicales n’ont jamais eu ce problème avec le gouvernement précédent.

“Cette instabilité nous inquiète énormément”
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La 5e secrétaire adjointe et permanente de la CSIP, Vaitea Le Gayic, s’inquiète quant à elle de la hausse des hydrocarbures, même si le gouvernement a pris des mesures en injectant 3,5 milliards de francs au Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH), “mais ça va être de courte durée, qui va prendre en charge le reste de l'augmentation ?”
 
Autre inquiétude de Vaitea Le Gayic, le manque d’inspecteurs au sein de la Direction du travail. Elle estime que cela a des répercussions sur “la cadence de travail de ce service et l'insécurité par rapport aux 14 secteurs d'activité privée que regroupe le Pays. C'est très difficile de pouvoir régler les situations problématiques que l'on trouve dans les différentes sociétés”. La délégation de service public d’Air Tahiti est aussi au centre des questionnements du syndicat. En effet, cette dernière prendra fin le 31 août prochain et la CSIP se demande “quelle est la projection du gouvernement. La situation est très critique à ce niveau-là”. 
 
La syndicaliste espère que “l’instabilité politique ne va pas perdurer dans le temps car cela va rendre encore plus difficile la situation économique du Pays”. La CSIP a d’ailleurs décidé d’attendre la réponse du gouvernement pour pouvoir parler du point indiciaire. “Nous espérons avoir des réponses le plus tôt possible pour pouvoir effectuer des calculs par rapport à tout ça”.
 
Vaitea Le Gayic précise également que les négociations doivent se faire en fonction de l’inflation. “Cette augmentation doit se faire à tous les niveaux, pas uniquement au niveau de la fonction publique, mais il faut aussi voir cela par rapport au privé, est-ce que ce sera supportable pour les entreprises ? Cette instabilité nous inquiète énormément.”

“Une revalorisation à hauteur de 20 à 30 %”
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Selon le 2e secrétaire général délégué de la CSTP-FO, Wallace Teina, l’ensemble des syndicats, à part la Fraap, demande “une revalorisation à hauteur de 20 à 30 % du point d’indice. Je pense qu'on va arriver à 1 300 francs à peu près, c'est déjà une bonne revalorisation pour l'ensemble des fonctionnaires du Pays. Maintenant, on attend les propositions du gouvernement.”
 
La santé n’a pas non plus été oubliée par la CSTP-FO, notamment avec les différentes grèves “qui se sont enchaînées” ces derniers mois. Le syndicat demande une planification des remplacements des départs à la retraite. “Les fonctionnaires de la santé n'en peuvent plus, ils subissent un peu les aléas des politiques. On est arrivé à un stade où il faut réformer (…). C'est un peu tendu parce que c'est le personnel qui se sacrifie encore une fois pour le Pays”.

“La revalorisation du point d’indice à 1 296 francs”
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La revalorisation du point d’indice est également une question que souhaite soulever la Fraap. Son secrétaire général, Jean-Paul Urima, indique qu’ils ont demandé une revalorisation à hauteur de 1 296 francs. Il explique que le taux d'inflation a augmenté de 20 % en deux ans. “Notre calcul est simple, c'est 1080 la valeur du point d’indice multipliée par 20 % et on est à 1 296 francs”.
 
Selon lui, le président du Pays va effectivement revaloriser ce point d’indice mais la question est : à combien ? “D'après ce qu'il prétend, il va en discuter lors du conseil des ministres”.
 
Selon le syndicaliste, c’est la ministre de la Fonction publique, Vannina Crolas, “qui vient un peu entacher ce processus-là, en disant qu'il y a 59 000 personnes qui n'ont pas de travail, etc. C’est toujours le même discours récurrent sur la pauvreté, etc. Je suis désolé, mais nous ne sommes pour rien par rapport à ça.” Jean-Paul Urima indique que Vannina Crolas tient ce discours depuis trois ans. “Je ne sais pas ce qu'ils font exactement (…). Le seul levier qui aurait un effet immédiat, c'est l'augmentation de la valeur du point d'indice, ça remet un petit peu les pendules à l'heure”.

“La réduction des inégalités entre les femmes et les hommes”
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O oe to oe rima a quatre points de revendication et souhaite notamment la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes. “Nous souhaitons connaître les mesures concrètes envisagées par le gouvernement pour résorber les disparités identifiées, conformément aux constats établis dans vos propres rapports transmis à
l’Organisation internationale du travail”, indique le syndicat.
 
Il souhaite également que les effectifs à la Direction du travail soient “renforcés”, même si le syndicat “soutient (…) et salue la nomination d'une cadre polynésienne à la tête du service (…) ainsi que la mise en place d'une Indemnité de sujétion spéciale (ISS), nous demandons la poursuite de l’accroissement des moyens humains et matériels dédiés”. Autre sujet que va aborder O oe to oe rima : “Les conditions de travail des infirmiers dans les îles”.
 
Enfin, la secrétaire générale de A tia i mua, Avaiki Teuiau, est, elle, restée injoignable

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