
Jugé pour avoir bravé l'interdiction de se rendre à la stèle de Faa'a
Le tribunal correctionnel a jugé, lundi en comparution immédiate, un jeune homme sans domicile fixe âgé de 26 ans qui était poursuivi du chef de “violation de l'interdiction administrative de paraître dans un lieu occupé en réunion et de manière récurrente pour une activité de trafic de stupéfiants”. Depuis la loi du 13 juin 2025, destinée à “sortir la France du fléau du narcotrafic”, de nouveaux moyens procéduraux ont été alloués aux représentants de l’État dont, notamment, la mesure d'interdire la présence sur certains points de deal.
Entendu lundi lors de son procès pour s’être rendu sur la stèle de Faa’a dimanche alors que cela lui était interdit, le prévenu a reconnu qu'il traînait souvent dans ce quartier où vivent ses grands-parents qui lui permettent parfois de dormir dans leur jardin. Après avoir rappelé que la mesure d'interdiction visait des gens bien ancrés dans le trafic de stupéfiants et que le prévenu n'avait que deux condamnations à son casier dont une pour conduite en état d'ivresse, le président du tribunal s'est interrogé sur l'opportunité d'appliquer cet arrêté alors même que le prévenu n'a pas encore été jugé.
La procureure de la République a ensuite pris la parole pour reconnaître que cette interdiction pouvait apparaître comme étant “attentatoire” aux libertés fondamentales tout en expliquant qu'elle était justifiée face à un jeune homme “désœuvré”, “sans emploi” et sans “ambition”. Elle a finalement requis deux mois de prison assortis d'un mandat de dépôt à l'encontre du prévenu qui risquait, au maximum, six mois de prison ferme.
“Un peu abasourdi” quant à la “réponse pénale” et au choix de faire juger son client en comparution immédiate, Me Sylvain Fromaigeat a rappelé lors de sa plaidoirie que le jeune avait été arrêté sans être porteur de stupéfiants et qu'il n'avait jamais été condamné pour ce type de faits. “Cela me semble un peu léger pour le faire passer en comparution immédiate, la justice doit être à la botte du haut-commissariat”, a-t-il poursuivi avant d'affirmer que son client avait besoin d'aide et non pas de deux mois en détention à Nuutania.
Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné le jeune homme à payer une amende de 10 000 francs.
Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti