Laissez-moi vous dire… LE

Laissez-moi vous dire…

LES BIENFAITS DU SPORT

[Du 19 novembre au 02 décembre 2023 : XVIIè Jeux du Pacifique à Honiara (îles Salomon)

Du 21 novembre au 08 décembre 2023 : Fête de la Science sur le Thème « Sport et Science »]

Le sport, c’est la santé… oui, mais pas seulement ! Il est aussi un formidable outil au service de la paix, de l'inclusion sociale et de l'égalité femmes-hommes.

En cette période, nous sommes gâtés en sports de toutes sortes, avec les Jeux du Pacifique et la moisson de médailles récoltée par nos athlètes.

Ces Jeux, tout comme les Jeux Olympiques et les championnats divers, sont l’occasion de nous interroger sur la place et le rôle du sport dans notre société. Historiquement, en dehors des conflits, des temps de guerre entre clans, les Polynésiens ont toujours aimé les joutes sportives, les défis faisant appel à la force musculaire, à la rapidité, l’agilité, la dextérité. Les gravures rapportées par les découvreurs de nos îles révèlent combien les Polynésiens avaient des corps d’athlètes qui auraient pu faire pâlir d’envie nombre de sportifs de haut niveau. Et il est heureux que l’on continue à promouvoir les sports traditionnels.

Qu’en est-il du sport, aujourd’hui, dans nos sociétés îliennes ? 300 athlètes du fenua à Honiara, c’est bien ; mais où est-il le temps où, dans chaque paroisse protestante, catholique, mormone, sanito… fleurissaient les équipes de volley, de basket… ? Ces lieux où dès la petite enfance on n’apprenait pas seulement le catéchisme, la Parole de Dieu, mais aussi le goût de l’effort, de la persévérance, du dépassement de soi, ainsi que le respect de soi-même et de ses adversaires ?

En France, au début du XXème siècle, les patronages*ont été à l’origine de nombreux clubs sportifs et de certaines Fédérations, comme par exemple celle qui est devenue la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF). Ces lieux où la jeunesse se retrouvait le dimanche après-midi et le jeudi (à l’époque il n’y avait pas classe le jeudi), de nombreuses familles étaient impliquées : les grands-mères gardaient les bébés et surveillaient les petits qui jouaient au bac à sable ou à la balançoire, pendant que les plus grands et les parents s’entraînaient à la gymnastique, aux sports collectifs… L’esprit insufflé par Pierre de Coubertin imprégnait ces rencontres dominicales ; toutes et tous portaient haut les couleurs de l’amateurisme et du bénévolat.

Alors que nos sociétés s’enlisent dans de nombreux problèmes de santé publique : alcoolisme, drogue, tabagisme, obésité, diabète… sans compter les nombreux foyers de violences non canalisées, on peut espérer que les performances de nos athlètes suscitent chez les jeunes -et moins jeunes- le désir de se lancer dans la pratique d’un sport. Les associations de quartier font dans ce sens un travail admirable tant au plan sportif qu’aux plans culturel et social. Dieu merci, chez nous, le bénévolat n’a pas complètement disparu !

Au-delà de la recherche des performances, des records, des médailles, de la notoriété, la conception que nous avons de l’Homme et de la Femme nous conduit à nous intéresser à la personne du sportif et de la sportive, avant de nous soucier de ce qu’il ou elle peut rapporter en honneur et argent.

Il est de notre devoir de citoyen chrétien, sans perdre de vue l’épanouissement spirituel des personnes, de promouvoir l’activité physique pour tous, de dénoncer certaines pratiques intolérables, irrespectueuses pour les personnes (sur-entrainement, recherche de drogues pour améliorer ses performances, combines financières, tricheries…). La pratique régulière d’un sport (quelques soient le niveau et la discipline pratiquée) est une véritable « école du respect » : respect de son corps, respect de l’adversaire, respect de l’arbitre, respect des spectateurs.

Le poète latin Juvénal soulignait l’importance d’avoir « une âme saine dans un corps sain » (citation reprise par Pierre de Coubertin). En effet, le sport favorise un équilibre personnel, c’est un véritable vecteur de santé physique, psychique et spirituelle.

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UNE MAGNIFIQUE LEÇON DE SPORTIVITE

Le 2 décembre 2012, une épreuve de cross-country se déroulait à Burlada, en Espagne. Le premier de la course, le Kenyan Abel Mutai (médaillé de bronze du 3 000m steeple aux JO de Londres), s’apprête à remporter la course. Pensant avoir franchi la ligne, il ralentit sa foulée et regarde son chronomètre… Seulement, il s’est trompé, et la ligne d’arrivée réelle est à quelques dizaines de mètres.

Derrière lui, l’Espagnol Ivan Fernandez Anaya (champion d’Espagne espoirs du 5 000 mètres en 2010) arrive en pleine lancée. Il s’aperçoit immédiatement de la méprise de Mutai, et lui fait signe que la ligne est plus loin. Il ralentit et reste derrière lui pour le laisser terminer en premier :

Interrogé sur ce beau geste de fair-play, Ivan Fernandez Anaya a déclaré qu’il ne méritait pas de gagner, car il n’aurait jamais pu rattraper Abel Mutai sans son erreur.

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Dominique SOUPÉ

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* La Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) fondée en 1898 par le Dr Paul Michaux est la plus ancienne fédération sportive française omnisports. Elle est devenue en 1968, la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF) ; elle est ouverte à tous sans distinction. A travers ses différentes pratiques et pour l'épanouissement de tous, elle prône les valeurs : d'ouverture, de respect, d'autonomie, de solidarité et de responsabilité. Elle est représentée en Polynésie française par l’UTFSCF dont le siège est à Papeete, rue de la canonnière zélée.

L'AJ Auxerre (Association de la Jeunesse Auxerroise), le célèbre club de foot, longtemps affilié à la FSCF, est également issu des patronages. C’est l’abbé Deschamps, vicaire à la cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre et directeur du patronage paroissial Saint-Joseph qui fonde le club en 1905. Entre 1980 et 2012, L’AJ Auxerre a passé 32 saisons au plus haut niveau en 1ère Division et a remporté quatre fois la Coupe de France et un championnat de France. En 2023, l'AJ Auxerre comptabilise, depuis sa fondation, plus de mille matchs en première division et plus de cent matchs en coupe d’Europe.

Réputée pour son centre de formation, l'AJ Auxerre est indissociable de la figure emblématique Guy ROUX qui en a été l'entraîneur pendant plus de quarante ans. Il met au point la fameuse tactique 4+3+3, associée au marquage individuel, ainsi l’AJA a une défense en béton. Dans la célèbre émission de télé Les Guignols de l’info, il est caricaturé en « éleveur de champions ». Il est vrai que Guy Roux veille comme un père sur ses futurs champions, allant jusqu’à les récupérer en boîte de nuit ! Des champions, il en a formé de célèbres. Nous ne retiendrons que Pascal Vahirua qui intègre le centre de formation en 1982 où il devient footballeur international évoluant au poste d’ailier gauche. Il sera sélectionné 22 fois en équipe de France

© Paroisse de la Cathédrale - 2023