Clin d'œil de l'histoire

SŒUR JOSEPHINE MOUROT – 1810-1871

Aujourd’hui, la sœur dont nous faisons mémoire, fit partie du tout premier groupe de religieuses venues à Tahiti et la seule à y rester jusqu’à sa mort…

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MOUROT (parfois écrit MOUREAU), Françoise (Sœur Joséphine). (1810-1871). - Religieuse de la Congrégation de Saint-Joseph de Cluny. Née le 18 mars 1810 à Arnay-sous-Vitteaux (Côte-d'Or). Fille de Jacques Mourot et Marguerite Bouchard. Elle est la septième…d’une fratrie de neuf enfants. Envoyée en Guyane en 1837, elle rentre en France en 1838. Le 4 août 1843, elle embarque à Brest à bord de la corvette de charge La Charte, avec trois autres sœurs - Ignace Chambeau, Régis Fléchel et Bruno de Monlas - destination, les îles Marquises. Après plusieurs escales à Ténériffe, Rio-de-Janeiro, Montevidéo, Valparaiso, du 12 au 20 février, elles font escale aux îles Gambier. Considérant que les conditions ne sont pas réunies aux Marquises pour accueillir les quatre sœurs, le commandant Penaud décide de les emmener à Papeete, où elles débarquent le 16 mars 1844. Elles sont reçues par la femme de l'amiral Bruat qui les prend sous sa protection. Elles tombent dans un pays en guerre. Dans une lettre du 11 septembre1844, Anne-Marie Javouhey lui donne personnellement des nouvelles de Mana : « Dites à ma bonne Sœur Joséphine que Mana va bien, nous avons un saint curé. Les maisons de France vont aussi très bien ». Elle renouvellera ses propos dans sa lettre du 12 janvier 1845 : « Dites à ma bonne Sœur Joséphine qu'elle m'écrive et me dise si elle trouve une grande différence entre votre pays et Mana. » De même dans un courrier du 10 juillet 1845 : « Ma pauvre Sœur Joséphine se trouve-t-elle mieux qu'à Mana ? Hélas ! partout il faut souffrir, c'est le partage des saints ; aussi nous ne devons jamais murmurer parce que si nous avons des peines notre récompense doit être éternelle. Quel espoir ! » Près de trois ans, les sœurs vivront dans une case de bambou, au milieu d'un camp, donnant leurs soins aux blessés. La messe est d'abord célébrée dans une pièce de l'appartement du Commandant. Les vivres étaient rares et firent plusieurs fois défaut. Entre temps les troupes avaient construit l'hôpital de Papeete qui, bien que surtout destiné aux militaires, recevait également des civils. Les sœurs y occupèrent d'abord la maison à étages habitée depuis par le médecin-chef. La sœur Joséphine, la guerre terminée, continua à soigner les malades à l'hôpital de Papeete. Elle y était très populaire et son dévouement reconnu de tous. Elle mourut à Papeete, le 5 février 1871, après plus de vingt-cinq années passées au service des malades.

Clin d'œil de l'histoire

SŒUR JOSEPHINE MOUROT – 1810-1871

Aujourd’hui, la sœur dont nous faisons mémoire, fit partie du tout premier groupe de religieuses venues à Tahiti et la seule à y rester jusqu’à sa mort…

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MOUROT (parfois écrit MOUREAU), Françoise (Sœur Joséphine). (1810-1871). - Religieuse de la Congrégation de Saint-Joseph de Cluny. Née le 18 mars 1810 à Arnay-sous-Vitteaux (Côte-d'Or). Fille de Jacques Mourot et Marguerite Bouchard. Elle est la septième…d’une fratrie de neuf enfants. Envoyée en Guyane en 1837, elle rentre en France en 1838. Le 4 août 1843, elle embarque à Brest à bord de la corvette de charge La Charte, avec trois autres sœurs - Ignace Chambeau, Régis Fléchel et Bruno de Monlas - destination, les îles Marquises. Après plusieurs escales à Ténériffe, Rio-de-Janeiro, Montevidéo, Valparaiso, du 12 au 20 février, elles font escale aux îles Gambier. Considérant que les conditions ne sont pas réunies aux Marquises pour accueillir les quatre sœurs, le commandant Penaud décide de les emmener à Papeete, où elles débarquent le 16 mars 1844. Elles sont reçues par la femme de l'amiral Bruat qui les prend sous sa protection. Elles tombent dans un pays en guerre. Dans une lettre du 11 septembre1844, Anne-Marie Javouhey lui donne personnellement des nouvelles de Mana : « Dites à ma bonne Sœur Joséphine que Mana va bien, nous avons un saint curé. Les maisons de France vont aussi très bien ». Elle renouvellera ses propos dans sa lettre du 12 janvier 1845 : « Dites à ma bonne Sœur Joséphine qu'elle m'écrive et me dise si elle trouve une grande différence entre votre pays et Mana. » De même dans un courrier du 10 juillet 1845 : « Ma pauvre Sœur Joséphine se trouve-t-elle mieux qu'à Mana ? Hélas ! partout il faut souffrir, c'est le partage des saints ; aussi nous ne devons jamais murmurer parce que si nous avons des peines notre récompense doit être éternelle. Quel espoir ! » Près de trois ans, les sœurs vivront dans une case de bambou, au milieu d'un camp, donnant leurs soins aux blessés. La messe est d'abord célébrée dans une pièce de l'appartement du Commandant. Les vivres étaient rares et firent plusieurs fois défaut. Entre temps les troupes avaient construit l'hôpital de Papeete qui, bien que surtout destiné aux militaires, recevait également des civils. Les sœurs y occupèrent d'abord la maison à étages habitée depuis par le médecin-chef. La sœur Joséphine, la guerre terminée, continua à soigner les malades à l'hôpital de Papeete. Elle y était très populaire et son dévouement reconnu de tous. Elle mourut à Papeete, le 5 février 1871, après plus de vingt-cinq années passées au service des malades.