Tya Zebrowski : « J’ai tout pour gagner et être championne du monde demain »

Tya Zebrowski : « J’ai tout pour gagner et être championne du monde demain »

Sa technique impressionne ses pairs, ses capacités sautent aux yeux de ses entraîneurs, et même elle le dit avec calme et aplomb : « J’ai tout pour gagner et être championne du monde demain ».

De l’ambition sans être pour autant de la prétention, car l’adolescente a déjà inscrit sur son CV un record, en devenant fin 2025 la plus jeune surfeuse de l’histoire à intégrer l’élite mondiale.

Avec des parents champions de snowboard, la glisse est une affaire de famille et Tya Zebrowski n’a fait que remplacer la neige par l’eau. « Elle a commencé à surfer très tôt », sourit son père, Gary, qui a participé à deux éditions des Jeux d’hiver.

« Puis elle s’est mise à la compétition, et elle a percé très rapidement. »

Celle qui a grandi entre les Landes et Tahiti, terre de son père, a été propulsée dans les plus hautes sphères du surf après une saison à écraser la concurrence en Challengers, l’équivalent de la deuxième division.

Mais l’adolescente s’est heurtée à un circuit pro sans pitié, avec des étapes à travers le monde où bien souvent, elle s’est fait sortir dès le premier tour.

« Potentiel infini »

« J’avais l’habitude de tout gagner, de faire tout le temps des bons résultats sur les compétitions d’avant et donc là, c’est sûr que ça m’a mis un peu un couteau dans le dos », lâche l’athlète aux yeux noisette, le souffle encore court d’une session de deux heures au large de Lower Trestles, le spot qui accueillera l’épreuve de surf des prochains Jeux Olympiques, à Los Angeles en 2028.

« Les jugements (lors des compétitions), les spots, tout change. L’adaptation a été beaucoup plus compliquée que ce que l’on imaginait », admet son père à ses côtés, qui l’accompagne sur une grande partie du circuit.

Alors malgré une finale au Brésil fin juin, le plaisir s’est effrité.

« Je me suis dit : ‘si c’est pour perdre au premier tour, ça va quoi' », avoue l’intéressée. « Mentalement, elle se sent un peu découragée », renchérit Gary Zebrowski.

En Californie, Tya s’entraîne sous les ordres d’un entraîneur embauché par la famille pour l’occasion, l’Australien Yadin Nicol, 40 ans.

« Elle a un potentiel infini. Si jeune, c’est vraiment un phénomène. Elle a cette aisance, cette énergie, cette étincelle quand elle surfe. Elle a une technique incroyable. Elle surfe même la vague comme il faut (…). Elle a juste besoin de retrouver la joie et la confiance de l’année dernière. Et là, elle sera inarrêtable », affirme-t-il.

Les parents de l’adolescente ont misé sur cette figure reconnue du surf, plutôt que sur les coachs de l’équipe de France, qui scrutent les autres champions tricolores sur la même plage, à deux pas.

« Elle est très timide et tout ce monde-là fait qu’elle a du mal à rester ‘focus’, elle sent les yeux des autres sur elle », éclaire son père.

Yoga

Les parents ont aussi embauché quelqu’un qui l’accompagne sur le tour, l’aide à récupérer, à planifier ses repas.

« Il faut faire très attention à ce qu’elle mange, il y a pleins de médicaments à prendre (…) et puis je l’encourage à boire de l’eau, elle ne le fait jamais ! », lance Jenny Hannah, 25 ans, qui suit depuis un an la graine de championne, intolérante au lactose.

Un équilibre aidé par le yoga, que Tya Zebrowski pratique depuis qu’elle a trois ans, sous l’œil avisé de sa mère, professeure.  

« Ça m’aide énormément pour gérer le stress, engranger de la confiance et comprendre un peu plus mon corps », raconte le joyau du surf d’un grand sourire qui dévoile ses fossettes.

Les Jeux olympiques ? Elle y pense depuis que le surf a été introduit à Tokyo, en 2021. Elle avait alors dix ans. En 2028, à Los Angeles, elle en aura 17 et compte bien y participer. 

Le spot de Lower Trestles a de quoi l’avantager, avec « les mêmes vagues qu’à Hossegor », où elle a grandi, souligne son père. « Il y a de la vitesse, puis ça ralentit, donc il faut vraiment être en capacité de changer son type de surf au moment présent quand tu te lèves sur la vague. Et ça, c’est vraiment un gros point fort de Tya. »

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