27 nouveaux cas de VIH diagnostiqués cette année en Polynésie et une alerte sanitaire aux Fidji

27 nouveaux cas de VIH diagnostiqués cette année en Polynésie et une alerte sanitaire aux Fidji

« Pour vous donner une idée, il y a un an, nous avons eu plus de 2 000 nouvelles infections VIH diagnostiquées. Et il y a quelques années, nous n’en avions que des centaines. Donc les chiffres ont quadruplé. Et ce que nous voyons maintenant, c’est une situation où notre ministère de la Santé, nos autorités, ne sont plus en mesure de gérer l’épidémie. »

Il y a quelques jours, la chaine ABC Pacific s’arrêtait sur l’état d’urgence sanitaire décrété aux Fidji où 1 adulte sur 60 serait touché par le sida. De quoi mettre en alerte toute la région, notamment la Polynésie française qui doit accueillir dans moins d’un an les Jeux du Pacifique.

 Au fenua, ce sont 27 personnes qui ont été diagnostiquées positives depuis le début de l’année. C’est déjà plus que sur l’ensemble de 2025. Se protéger, mais aussi protéger les autres : c’est le message qu’a accepté de porter Nora qui veut briser les tabous autour du virus.

« Il y a certaines personnes qui n’aiment pas mettre le préservatif. Il faut qu’ils soient conscients des maladies qu’on peut avoir, même si on ne les voit pas. Il est important de se protéger, de protéger les autres », dit-elle.

Au-delà du préservatif, la PrEP, un médicament préventif contre le VIH, constitue un autre moyen de protection. L’association Cousin Cousine Tahiti réclame un meilleur accès à ce traitement.

« En Polynésie française, il ne faut pas se cacher la face, il y a des travailleurs et des travailleuses du sexe. Et pour moi, ce sont des populations prioritaires. Ils devraient avoir accès à ce traitement facilement et gratuitement », estime le président de l’association, Karel Luciani.

Cette prise en charge, le gouvernement l’a pourtant annoncé dès juillet 2025, pour la PrEP mais aussi pour le TPE, le traitement post-exposition.

 « J’ai décidé de rendre la PrEP et la TEP accessibles gratuitement via une subvention du Fonds de Prévention Sanitaire et Sociale. J’ai mandaté l’Agence de Régulation Sanitaire, la Direction de la Santé et le CHPF pour mettre en œuvre ces dispositifs le plus rapidement », déclarait le ministre de la Santé de l’époque, Cédric Mercadal.

Mais plus d’un an plus tard, le dossier est toujours bloqué. « Ce dispositif est enfin prêt depuis fin juillet. Le problème aujourd’hui, c’est que nous n’arrivons pas à trouver de médecin pour le porter. Parce qu’il ne s’agit pas juste de délivrer un médicament, il s’agit également de faire suivre ces malades avant, pendant et après, de leur faire des prises de sang de contrôle. Et de savoir qui on intègre ou pas dans ces traitements », a indiqué, ce samedi, l’actuelle ministre de la Santé, Raihei Ansquer sur le plateau de TNTV.

Faute de médecin pour assurer ce suivi, la gratuité annoncée reste donc en attente. Le Pays doit encore lever cet obstacle, alors qu’il prépare sa stratégie de prévention pour les Jeux du Pacifique, avec notamment l’installations de distributeurs de préservatifs dans certains lieux clés.

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