Le fenua a un développement humain « très élevé »

Le fenua a un développement humain « très élevé »

Le fenua a un développement humain « très élevé »
Tahiti le 12 juin 2026 – La Polynésie fait désormais partie des territoires où la qualité de vie est “très élevée” dans le Pacifique bien que l’écart avec la France continue à “se creuser”.
 
L'Institut d’émission d’outre-mer, l’Agence française de développement ainsi que l’Institut de la statistique de la Polynésie ont travaillé en partenariat pendant deux ans sur l’Indice de développement humain (IDH) qui s’appuie sur trois composantes : l’éducation, la santé et le niveau de vie.
 
Le constat auquel ils aboutissement est celui d’une évolution de l’Indicateur développement humain qui classe la Polynésie, selon les critères du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), “au-delà du seuil des territoires en développement humain très élevé. Cette progression permet à la Polynésie française de se placer dans le trio de tête de son environnement régional”, développe Doriane Brunel, la responsable du service études au sein de l’IEOM.

Un trio dans lequel figurent, outre le Fenua, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En revanche, l’écart cette étude constate aussi un écart continue à se creuser avec la France, sur les trois piliers que sont la santé, l'éducation et le niveau de vie 14 ans après la dernière analyse de l’Indice de développement humain de la Polynésie française.
 
À noter que cet écart aurait pu être beaucoup moindre si les étudiants polynésiens poursuivant leurs études en France hexagonale étaient comptabilisés dans le recensement de la population. En effet, ce qui est pris en compte dans le pilier éducation, c’est surtout l'espérance de scolarisation et la durée moyenne de scolarisation. L’indice éducation a tout de même augmenté depuis 2012, puisqu’il passe de 8,9 à 9,9 années de durée moyenne de scolarisation, contre 11,8 années dans l’Hexagone.

Des chiffres à relativiser
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Pour l’indice santé, le seul critère pris en compte est l'espérance de vie à la naissance. Il est en progression depuis 2012 avec une moyenne de 76,8 années en 2022 dans un contexte où les femmes (78,9 années) vivent plus longtemps que les hommes (74,8 années). “Mais vit-on en bonne santé ?”, observe Doriane Brunel.

En effet, la méthodologie du PNUD ne prend pas en compte les critères de bonne santé. Son utilisation est pourtant importante afin de “pouvoir se comparer avec d'autres territoires”. Une note cependant été rédigée à ce sujet dans cette étude de l’IDH en Polynésie, afin de prendre en compte le “taux particulièrement élevé de l'obésité” qui est de l’ordre de 40 % au Fenua contre 17 % en France. Idem pour le taux de mortalité prématurée “qui est plus élevé aussi. On a une espérance de vie à la naissance qui s'est améliorée, mais on a toujours des sujets de santé en Polynésie française”.
 
L’IDH ne prend pas non plus en compte “les inégalités” d’accès aux soins, entre Tahiti et les piles éloignées, relativise aussi Doriane Brunel : “Évidemment, on a une amélioration sur la santé. On sait bien que l'accès à la santé reste toujours plus facile ici à Tahiti que dans les autres îles. On se doute que cette amélioration n'a pas profité de la même façon à tout le monde au sein du territoire.”
 
Le directeur de l’ISPF, Hugues Horatius-Clovis, rappelle cependant que la Polynésie est classée en 66e position sur 193 à travers le monde en matière de santé, et que Fenua est en troisième position dans la région Pacifique.
 
En revanche, l’indicateur de l’IDH pour lequel le Fenua est moins bien positionné est celui de l'éducation “avec une moyenne de scolarisation qui nous place au 99e rang mondial, ce qui veut dire qu'il y a sans doute des choses à faire pour améliorer la scolarisation des élèves polynésiens. Et donc ça c'est un indicateur aussi, ça peut servir en fait à nos dirigeants, pour les politiques publiques”. “Mais ce sont des indicateurs qui sont à relativiser”, insiste-t-il : l’IDH est “un indicateur synthétique parmi d'autres”.

“ Ça pourrait être un des nombreux indicateurs du suivi des politiques publiques ” Julien Vucher-Visin Responsable d’études à l’ISPF
Le fenua a un développement humain « très élevé »
L'IDH a un intérêt de comparaison géographique car tout le monde a la même méthode de calcul, surtout quand on veut comparer sur 193 pays. Mais c'est aussi l'évolution dans le temps puisque les indices sont calculés chaque année dans les grands Pays de la même façon. Le chiffre polynésien 0,803 [Ndlr seuil qui permet d’avoir un IDH très élevé] la France l’avait dans les années 90 et 2000.
 
Quand on regarde ce classement international, on se rend compte que nos voisins, c'est l'Albanie, Trinidad et Tobago (…). Quand on positionne la Polynésie dans les tableaux classiques, on se compare à la France, à la Martinique et en réalité, en termes de développement humain (…) on ne pensait pas qu'on était comparable à ces pays-là. On se voyait quand même plus proche des pays européens (…). Le côté positif c'est que l’ensemble des indicateurs évoluent (…). Ce qui serait intéressant avec ces indicateurs, c’est leur pérennisation ; car à défaut d'avoir d'autres indicateurs réguliers, c'est vraiment l'évolution qu'il faut suivre. Le Pays pourrait se saisir de cet indicateur et souhaiter le calculer régulièrement. Ça pourrait être un des nombreux indicateurs du suivi des politiques publiques.”

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