Les urgences de Taravao attendent des actes

Les urgences de Taravao attendent des actes

Les urgences de Taravao attendent des actes
Tahiti, le 28 mai 2026 - À l’hôpital de Taravao, le planning des gardes au service des urgences reste sous tension. Un risque de fermeture plane à nouveau, tandis qu’un mouvement social “plus global” serait en discussion. “On attend ce mois de juin avec impatience pour voir si les dossiers seront bien soumis et validés”, indique le médecin chef des urgences de Taravao, dans la continuité du protocole d’accord du 11 avril dernier.
 

Malgré un préavis de grève suivi de la signature d’un protocole d’accord début avril, les difficultés persistent au service des urgences de l’hôpital de Taravao. Selon le Dr Benjamin Le Goff, la situation est inchangée. “On est toujours trois médecins titulaires au lieu de six pour un fonctionnement normal. On a réussi à tenir le planning de mai difficilement. Cette semaine, par exemple, je suis le seul titulaire présent, j’ai un remplaçant fixe et trois médecins de la Direction de la santé sont venus exceptionnellement pour nous aider”, précise le chef des urgences de la Presqu’île.
 
Pour l’heure, le mois de juin ne s’annonce pas plus radieux. “On est obligé de travailler en plages de 24 heures, et non de 12 heures, et malgré ça, on ne peut pas encore boucler la dernière semaine du mois de juin sans aide extérieure”, déplore-t-il. Le praticien hospitalier arrive lui-même à la fin de son contrat dans les prochaines semaines. Attendu dans un autre service en métropole, il a finalement prévu de revenir mi-août pour une année supplémentaire, tandis que le départ d’un autre médecin serait prévu au même moment. “Ils ne seront plus que deux titulaires sur la fin du mois de juillet. On a lancé un appel à l’aide aux médecins remplaçants et au niveau du Taaone.”
 

​“Grosses difficultés en juillet”

La nouvelle ministre de la Santé, Raihei Ansquer, s’est déjà rendue sur place pour rencontrer les équipes. Une visite visiblement appréciée. “La ministre a participé aux dernières négociations et elle connaît nos difficultés”, confirme l’urgentiste. “Mais notre quotidien reste le même et les gardes sont lourdes. On paie les inactions passées et la plupart des projets qui doivent être budgétisés ont été décalés du fait de l’instabilité politique. C’est le cas du Smur du sud qui nous permettrait de revoir à la hausse nos moyens au bénéfice des patients. L’autre point, c’est le scanner”. Un manque de moyens qui pèse sur l’attractivité et les recrutements, au même titre que les retards de paiement et les lourdeurs administratives.
 
Cette nouvelle alerte est nourrie par l’espoir d’améliorations pour un bassin de population croissant au sud de Tahiti, amené à s’accroître encore dans les années à venir en lien avec les ambitions de décentralisation du gouvernement. “Il y a beaucoup de promesses, mais rien n’est gravé dans le marbre, donc on attend ce mois de juin avec impatience pour voir si les dossiers seront bien soumis et validés. Il y a des perspectives de recrutement à partir de septembre et novembre, mais les prochains mois s’annoncent compliqués : les grosses difficultés peuvent intervenir en juillet avec des risques de fermeture au vu du sous-effectif qui serait encore plus criant que celui qu’on a actuellement”, estime le Dr Benjamin Le Goff. Un mouvement “plus global, qui ne concernerait pas que les urgences”, serait également “en discussion”.
 

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