
Toujours unis, autonomistes et indépendantistes à la rencontre de la 4ème commission
Le drapeau polynésien flottera-t-il un jour aux Nations-Unies ? Les indépendantistes en rêvent. Pour les autonomistes, il faut rester français. Mais tous sont d’accord sur la nécessité d’une visite de l’ONU au fenua. Il faut donc activer des réseaux diplomatiques, comme la quatrième commission, présidée par un Pays devenu indépendant en 1960 : le Sénégal. « Le Sénégal est ami de la France et nous sommes tout le temps en contact pour discuter sur tous les dossiers qui concernent les Nations Unies. (…) Nous ferons tout ce qui est possible en tant que diplomates pour rapprocher, discuter, ouvrir des portes, bâtir des ponts », assure l’ambassadeur du Sénégal auprès des Nations-Unies Coly Seck.
Dans les prochaines semaines, les conseillers techniques des ambassades vont tenir des « informals » : des réunions pour préparer les résolutions de la 4ème commission, avec un chapitre dédié à la Polynésie française et un autre à la Nouvelle-Calédonie. Les Polynésiens souhaitent que la France soit poussée à accepter la visite de l’ONU. « L’ONU ne va pas envoyer les casques bleus en Polynésie pour obliger la France à faire quoi que ce soit. Ce n’est pas l’idée. En revanche, les discussions qui vont avoir lieu lors de ces informals entre les représentants de la France et des différentes commissions peuvent avoir une influence », estime le président du Pays Moetai Brotherson.
Autre intérêt de ce combat commun aux différentes forces politiques : désormais, elles s’écoutent, à défaut de se comprendre. Et le ton a changé. « D’habitude, les discours des indépendantistes sont assez violents, assez durs et à notre sens très éloignés de la réalité, déclare Tepuaraurii Teriitahi, représentante du groupe Tapura Huiraatira. Il y a eu quelques déclarations toujours un petit peu divergentes mais dans un ton et dans un climat très apaisé. Ça nous permet de ramener de la sérénité et aussi au sein des Polynésiens qui se déchirent de toute façon de moins en moins sur les questions d’indépendance et d’autonomie. »
Ce rendez-vous referme la séquence onusienne, mais plusieurs élus restent encore quelques jours à New York. Les autonomistes, eux, ne comptent pas y retourner l’an prochain. Depuis Tahiti, un séjour d’une semaine aux Nations Unies coûte environ 500 000 Fcfp. Les bénéfices de ces déplacements, eux, se font attendre.
| Coly Seck – Ambassadeur du Sénégal auprès des Nations-Unies |
| Moetai Brotherson – Président de la Polynésie française |
| Tepuaraurii Teriitahi – Représentante du groupe Tapura Huiraatira |
| Mike Leyral – Envoyé spécial à New York |
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