
Avec le documentaire « Espartes », les orques font chavirer les idées reçues
Majestueuses dans leur livrée noire et blanche, elles glissent sous la surface. Dans le détroit de Gibraltar, les orques ibériques sont pourtant loin d’effrayer tous ceux qui les côtoient.
« Elles ne font pas de mal aux gens. Toute notre vie, tous les jours, on est en mer. Si elles voulaient nous faire du mal, elles nous auraient éliminés depuis longtemps. Tout ce que je peux dire à propos de ces orques, ce n’est que du positif », témoigne un pêcheur dans le documentaire.
L’orque, le thon rouge et l’homme : trois destins liés par une histoire qui remonte à l’Antiquité. Pour la raconter, Espartes (surnom local donné aux orques ibériques dans la région du détroit de Gibraltar, Ndlr) croise les regards de professionnels de la mer, de scientifiques, d’historiens et de plaisanciers.
Le film aborde également les enjeux économiques qui entourent la présence de ces animaux. « Nous, on a voulu aussi aborder cet aspect socio-économique parce qu’on parle d’emplois. La pêche au thon représente une grosse activité en Espagne, mais aussi le whale-watching. C’est aussi de ces aspects-là qu’on aborde dans le film, pour essayer de fédérer un maximum de personnes, parce que si on veut protéger ces animaux, il faut que tout le monde soit à bord », explique son réalisateur, Thomas Le Coz.
Des bateaux endommagés, mais aucune attaque contre l’homme
Sur l’eau, la cohabitation laisse parfois des traces. Des bateaux ont été endommagés et certains ont même coulé. Si les dégâts sont bien réels, le réalisateur refuse cependant d’y voir une vengeance des orques contre l’homme.
« On veut aussi, à travers ce documentaire, contrebalancer ce narratif et montrer qu’il n’y a jamais eu d’attaque d’homme par des orques dans la vie sauvage […] Elles ne sont pas intéressées par les hommes. L’homme ne fait pas partie du menu des orques, on va dire », souligne-t-il.
Selon Thomas Le Coz, les pêcheurs espagnols connaissent aussi le rôle joué par ces prédateurs dans l’écosystème et jusque dans leur propre activité. « Les pêcheurs espagnols, quand on en parle avec eux, ils le savent très bien. Ils comprennent très bien que les orques ont un rôle important à jouer et qu’elles les aident, que les orques aident les thons à rentrer dans leurs filets. »
Des rencontres également observées aux Marquises
Ces interactions ne se limitent pas au détroit de Gibraltar. Aux Marquises, où une population d’orques sédentaires est observée, des rameurs ont eux aussi vécu une rencontre spectaculaire.
« Les orques sont venues, ont renversé la pirogue, ont joué avec la pirogue. Elles ne se sont pas du tout intéressées aux rameurs alors qu’ils étaient dans l’eau. Tout le monde est remonté sur la pirogue », raconte Agnès Benett, présidente de l’association Mata Tohora.
Des populations différentes, mais une même question : comment partager l’océan sans projeter sur ces animaux les peurs qu’ils suscitent ?
« Je crois qu’il est important de ne pas projeter ses propres peurs sur ce que les orques pourraient te faire. Je crois que je crains plus les conteneurs submergés que des orques qui jouent avec mon gouvernail », confie un plaisancier dans le film.
Pollution, collisions et filets de pêche figurent parmi les menaces qui pèsent sur les orques ibériques. Les protéger revient aussi à préserver un maillon essentiel de l’écosystème marin.
PRATIQUE
Documentaire Espartes – Chroniques de l’orque ibérique
Jeudi 24 septembre à 18 heure
Cinéma Majestic à Papeete

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