
Impasse politique : l’heure de vérité vendredi à l’APF
Une dernière séance. Avant la clôture de la session administrative, les élus de l’Assemblée se réuniront une nouvelle fois ce vendredi 10 juillet. Et l’enjeu de ce rendez-vous politique est majeur. Le président du Pays a en effet décidé de présenter deux textes pour la seconde fois dont le projet de délibération relative à la modification n° 2 du budget général de la Polynésie française pour l’année 2026. Projet qui formalise le report du reliquat de 41,8 milliards du budget de l’année passée sur l’année en cours.
Avec une précision qui fait tout le sel de ce rendez-vous : ce projet est strictement le même que celui rejeté fin juin par les élus. Même texte, même résultat ? Sauf surprise, ce projet devrait connaître le même sort par les représentants de l’Assemblée. C’est à partir de ce moment-là que le président Brotherson pourrait mettre l’ensemble de l’hémicycle face à l’impasse politique dans laquelle se trouve le Pays.
Comme le prévoit le tiret 2 de l’article 156-1 de la loi organique, si l’Assemblée de Polynésie n’adopte pas ce projet de modification du budget, “le président de la Polynésie française peut engager sa responsabilité devant l’Assemblée” et, dans ce cas, le projet de délibération sera considéré comme adopté… à moins qu’une motion de renvoi, présentée par au moins le quart des membres de l’Assemblée, ne soit adoptée à la majorité absolue de ses membres.
Et cette motion de renvoi, qui “doit intervenir dans un délai de cinq jours à compter de l’engagement de la responsabilité du président de la Polynésie française devant l’Assemblée”, doit prévoir un projet de modification du budget et mentionner le nom du candidat appelé à exercer les fonctions de président de la Polynésie.
Autrement dit, ce vendredi, ce n’est rien moins que l’avenir du gouvernement Brotherson qui se joue. L’opposition Tavini-Tapura-Non inscrits décidera-t-elle de s’entendre pour appuyer sur le bouton “Eject” ? Mathématiquement, c’est possible. Le groupe A Fano Ti’a ne compte que 15 membres. L’opposition en compte donc 42. C’est bien plus que les 29 nécessaires pour l’adoption de la motion de renvoi.
En proposant un texte identique à celui que les élus avaient déjà rejeté, Moetai Brotherson propose donc une clarification. Stop ou encore ? Le président du Pays a envoyé la balle dans le camp de ses divers détracteurs. Ces derniers oseront-ils franchir le pas ? S’entendraient-ils sur un nom ? Sur une personne pour conduire les affaires du Pays ? Une alliance Tavini-Tapura, que certains jugeraient contre-nature, peut-elle se mettre sur pied ? Les premiers éléments de réponse, vendredi.
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