
Cocaïne rejetée en mer : l’Assemblée interpelle l’Etat via une résolution
Non au rejet des stupéfiants dans l’océan Pacifique. C’est, en substance, ce que demande la proposition de résolution examinée ce mardi en commission à l’Assemblée, comme l’ont révélé nos confrères de Radio1.
Porté par la représentante Hinamoeura Morgant-Cross, et cosigné par Mitema Tapati et Pascale Haiti Flosse, le texte condamne le choix de l’Etat de déverser de la cocaïne en haute mer. Ce fut le cas en début d’année pour près de 12 tonnes de cocaïne saisies dans notre ZEE.
« C’est vrai que ce n’est pas condamné par le droit international, mais je pense que c’était important que le peuple polynésien aussi rappelle à la France le lien qu’il a avec l’océan », souligneHinamoeura Morgant-Cross
« Ce n’est pas un dépotoir, ce n’est pas une poubelle. Et j’ai envie de dire dans la continuité de notre histoire, qu’ils ont déjà utilisé notre pays pour leur bombe nucléaire, donc il faut qu’ils arrêtent », ajoute l’élue.
La proposition de résolution invite l’Etat à envisager d’autres moyens de destruction des stupéfiants, comme l’incinération. Car l’impact sur la faune et la flore marine reste méconnu malgré des tentatives du représentant de l’Etat de rassurer.
« Chaque ballot a été ouvert, débarrassé de ses emballages carton et plastiques. La poudre a ensuite été diluée dans des milliards de mètres cubes d’eau, brassée par les courants (…) La destruction a eu lieu en pleine mer, en dehors de la ZEE, des zones de pêche et de toute aire marine protégée. Concrètement, cela signifie que l’opération a eu lieu près de 400 km au large des côtes, là où les fonds marins se situent à des centaines de mètres de profondeur, à plusieurs jours de mer », indiquaient ses services.
Malgré cette volonté de transparence, les élus porteurs du texte ne sont pas convaincus, notamment en l’absence d’expertise scientifique dans notre zone. Mais à l’échelle mondiale, la littérature scientifique sur le sujet commence à s’étoffer.
Selon une étude publiée dans une revue scientifique en 2024, des chercheurs ont noté la présence de traces de cocaïne dans l’organisme de requins au Brésil. Leurs origines surtout liées aux rejets clandestins et aux activités de narcotrafiquants. Prudence toutefois : l’étude reste limitée à 13 requins sauvage. Elle ne peut donc être généralisée.
Mais ce n’est pas un cas isolé : des travaux menés, cette fois en laboratoire et sur des anguilles, avaient déjà démontré que la cocaïne présente dans l’eau pouvait s’accumuler dans leurs tissus et affecter leurs organismes.
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