À Raiatea, la colère monte face aux voiliers installés durablement

À Raiatea, la colère monte face aux voiliers installés durablement

Une démonstration de force en mer. Samedi, une douzaine d’embarcations et près de 40 personnes, ont pris la direction du plan d’eau de Uturaerae pour faire entendre leur ras-le-bol. Leur objectif : exiger l’application stricte de la réglementation sur le mouillage et dénoncer ce qu’ils considèrent comme une occupation abusive de la zone.

Sur place, le constat alimente la colère. Une zone prévue pour accueillir une dizaine de bateaux en compte aujourd’hui 36, dont plusieurs considérés comme des épaves. Certains voiliers seraient installés depuis plusieurs mois, voire plus d’un an, y compris dans des secteurs protégés par le rahui.

« C’est une zone de mouillage, pas de squattage ! » scandent les riverains, dont la patience a atteint ses limites.

« On fait le constat du manque de respect envers les règles qui ont été imposées par le pays, dans la zone de mouillage, envers le rahui qui a été imposé par la commune. Cela fait plusieurs mois qu’on leur dit, qu’on fait de la prévention… Maintenant, nous, le quartier, on a décidé d’agir » indique Raitua Thuau, vice président AS Uturaerae IMI RAVEA.

Face à eux, les plaisanciers affichent des positions contrastées. Certains assurent être simplement de passage et respecter la limite de stationnement de 48 heures. D’autres contestent ouvertement la réglementation. « Déjà, ce n’est pas acté officiellement, et on attend des corpsmorts qui ne sont pas encore mis en place ». Interrogé sur le respect de cette limite une fois les installations réalisées, le même plaisancier répond : « Pas forcément. D’autant que je suis président d’une association qui gère plusieurs voiliers abandonnés. Ce ne sont pas des épaves puisque je les maintiens à flots, il faut les remorquer. Et il n’y a pas de solutions ».

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Sur la question sensible de l’assainissement, ses propos ont encore attisé les tensions : « Le caca, oui, ça nourrit les poissons, il y a 4 ou 5 espèces de poissons qui mangent le caca ! Et vous, vous faites pareil à terre, vous faites caca, tout le monde fait caca ! »

En milieu d’après-midi, le ton est monté entre les différents protagonistes. La gendarmerie a dû intervenir pour éviter que la situation ne dégénère davantage.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Présent sur place, Tehina Rota, ambassadeur de la Direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM) à Tumaraa, a tenté de rappeler les règles en vigueur. « On vient soutenir les associations, et surtout les aider à ce que ça ne dégénère pas, parce qu’on a vraiment vu que la population de Uturaerae en a ras-le-bol. Depuis le mois d’octobre, je leur explique qu’on a envoyé des prospectus, ils savent le règlement, mais ça s’empire ».

Du côté de la mairie, on reconnaît une situation tendue. « Il y a déjà eu une remontée d’information auprès du maire de la commune, Matahi Brotherson, qui lui prendra des décisions dans la semaine qui suivra » affirme Heiarii Roihau, élu en charge du rahui.

Les associations environnementales attendent désormais des mesures concrètes. Car si la réglementation existe bien sur le papier, sur le terrain, elle reste encore largement ignorée.

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