Françoise Henry, agricultrice engagée et pionnière du bio au fenua

Françoise Henry, agricultrice engagée et pionnière du bio au fenua

Pionnière de l’agriculture biologique, Françoise Henry s’est lancée avec son mari à la fin des années 80. « Cest une terre qui appartenait à mon grand-père, puis à mon père. Elle m’a happée quelque part. Je me suis dit, si je veux la garder, il faut la planter ».

Elle qui s’était destinée à des études supérieure, fait finalement le choix de se consacrer à l’agriculture. À Taravao, elle et son mari plantent d’abord des arbres fruitiers. « Je me suis formée sur le tas. Je suis d’une nature assez curieuse, j’adore lire, me documenter et tout. On a démarré par de l’arboriculture, et puis au fur et à mesure, on s’est diversifiés aussi sur des choses moins pérennes, mais qui donnent plus rapidement. »

Chez les Henry, l’agriculture est devenue une aventure familiale. « On a démarré, mon mari et moi, puis son fils aîné s’est mis à travailler avec nous, et ma dernière, qui n’est plus si petite que ça, est venue aussi travailler avec nous. Du coup, je pense qu’au niveau de la pérennité de l’exploitation, je l’espère en tout cas, on devrait quand même arriver à s’en sortir. »

Françoise Henry nous a reçu sur son exploitation à Taravao. Crédit : Maheanu Tauvavau / TNTV

Françoise et sa famille ont choisi l’agriculture biologique : plus qu’un métier, un véritable engagement. Au-delà de son activité, elle s’attèle à transmettre son savoir. « Je me suis toujours engagée dans le collectif. Parce qu’avant, j’étais présidente d’une fédération (des producteurs agricoles de Polynésie française, NDLR) où il y avait quand même 300 agriculteurs, et des agriculteurs pros, qui étaient dans cette fédération. Et j’ai été présidente de l’association SPG Biofetia jusqu’à l’année dernière. Tous les projets qu’on a menés, étaient des projets collectifs. »
Françoise ne rechigne jamais à former les plus jeunes et prend régulièrement des stagiaires.

Françoise ne cesse de s’informer et d’innover. Elle a participe à des projets comme Intègre (projet de fermes pilotes proposé par le Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique), et Protège (Projet régional océanien des territoires pour la gestion durable des écosystèmes qui vise à promouvoir un développement économique durable et résilient face au changement climatique). « On a vraiment co-construit de façon substantielle le guide de l’élevage des poules pondeuses bio ». Les Henry utilisent par exemple des poulaillers mobiles.
Françoise Henry a également participé à l’élaboration de Tavivat, un projet pour stimuler la production et la consommation de produits vivriers locaux.

Au fil des ans, l’exploitation s’est agrandie. De 2.5 hectares au début à Taravao, les Henry exploitent aujourd’hui plusieurs terrains pour un total de 9 hectares (1.5 hectare à Vairao et 5 autres hectares à Vairao). Dans les hauteurs, la famille cultive essentiellement des agrumes. Sur le terrain plus bas, on trouve les poulaillers, mais, taro, tomates et autres légumes.

Pour Françoise Henry, l’agriculture biologique ne doit pas être un simple effet de mode. « Ce n’est pas une mode, c’est juste une nécessité. (…) Est-ce que c’est vraiment important, l’agriculture biologique ? C’est pas une question qu’on devrait se poser. On devrait y aller », estime l’agricultrice.

Et pour donner aux jeunes l’envie « d’y aller » justement, Françoise estime qu’il faut « qu’on en fasse réellement un métier d’abord. Pas qu’on leur dise, « écoutez, les jeunes, il n’y a besoin de rien, prenez un bâton et puis vous plantez dans le sol et vous mettez un taro ». Non, il ne faut pas dire ça. Il faut déjà travailler sur les débouchés de façon à ce que ces jeunes, s’ils se lancent dans ce métier, ils aient un débouché ».

L’article Françoise Henry, agricultrice engagée et pionnière du bio au fenua est apparu en premier sur TNTV News - Tahiti Nui Télévision.