
Ah-Lan Tching, au cœur des anthuriums
Tahiti, le 27 juillet 2026 – D’un naturel plutôt réservé, Ah-Lan Tching, horticultrice de Tautira, s’illumine lorsqu’elle parle de ses fleurs. Issue d’une famille d’agriculteurs, elle s’est lancée sur les conseils de son père qui lui a acheté ses premiers anthuriums à la foire agricole. Sa serre totalise aujourd’hui 13.000 pots et 12 variétés. Rencontre avec cette passionnée dans le cadre de l’ouverture au public de son exploitation.
Affluence inhabituelle, ce lundi matin, dans la rue des marais entre la mairie et l’école maternelle de Tautira : pendant une semaine jusqu’au lundi 3 août, Ah-Lan Tching ouvre sa serre d’anthuriums au public, à deux pas de la maison familiale. En 18 ans de production, ce n’est que la troisième fois que l’horticultrice fait cette démarche. D’un naturel plutôt réservé, elle s’illumine dès qu’il s’agit de parler de ses fleurs.
Affluence inhabituelle, ce lundi matin, dans la rue des marais entre la mairie et l’école maternelle de Tautira : pendant une semaine jusqu’au lundi 3 août, Ah-Lan Tching ouvre sa serre d’anthuriums au public, à deux pas de la maison familiale. En 18 ans de production, ce n’est que la troisième fois que l’horticultrice fait cette démarche. D’un naturel plutôt réservé, elle s’illumine dès qu’il s’agit de parler de ses fleurs.
De cinq à 13.000 pots
Les anthuriums, c’est d’abord l’histoire d’un savoir-faire agricole familial. “On a grandi dans le fa’a’apu. Mes grands-parents étaient agriculteurs, puis mon papa a pris la suite. Au départ, c’étaient plutôt les produits vivriers et du maraîchage. J’ai arrêté l’école à 16 ans : ma voie était toute tracée. Deux ans après, mon papa m’a demandé de choisir entre les anthuriums et les orchidées. C’était son idée de développer l’horticulture”, se souvient Ah-Lan Tching. “On est allé à la foire agricole et il m’a acheté mes cinq premiers pots. Ma passion pour les anthuriums est partie de là. Pendant presque dix ans, je les ai multipliés, j’ai fait des mariages, j’ai récupéré les graines et les rejets pour semer et reproduire. Aujourd’hui, c’est plus simple : on importe des Pays-Bas des jeunes pousses une à deux fois par an.”
Sous sa serre de 1.000 m2, on dénombre 13.000 pots et 12 variétés. Rouge, rose, blanc, mauve, marron... “Il existe plusieurs couleurs et formes. Il y a aussi le pistil qui change. Ce sont les couleurs vives et le blanc qui marchent le plus. Moi, je les aime toutes !”, confie la jeune femme de 38 ans. Dans son fa’a’apu, à titre personnel, elle a aussi quelques variétés importées de Hawaii du temps de ses grands-parents.
Au-delà de ce cœur aux couleurs éclatantes, l’anthurium présente l’avantage d’une floraison durable : “Les variétés d’aujourd’hui sont florifères. Avant, il fallait se contenter de deux fleurs dans l’année. Là, elles n’ont que quatre mois et elles ont déjà trois fleurs”. Pour répondre à la demande, le calendrier de production est fixé à l’avance. “On a plein de demandes des fleuristes en fleurs coupées, mais on n’a pas assez de fleurs pour les fournir. En septembre, après la foire agricole, j’arrête la vente des pots et je passe en fleurs coupées pour la Toussaint”, explique Ah-Lan Tching.
“C’est apaisant”
Au rendez-vous de la foire agricole depuis une quinzaine d’années, l’horticultrice écoule également sa production au marché de Papeete chaque dimanche et dans d’autres points de vente ponctuels. Quant à ces journées portes-ouvertes, elles répondent à un besoin : “L’objectif, c’est de vendre bien sûr, mais aussi de faire de la place pour faciliter la croissance des plantes. Il y a des gens que je connais, d’autres non, c’est l’occasion de discuter.”
Si elle se charge seule de la production, l’horticultrice est bien entourée par sa famille, toujours prête à donner un coup de main comme ce lundi pour accueillir le public avec son petit frère, son oncle et sa belle-nièce. “On a perdu notre papa, mais ma maman vient de temps en temps dans la serre pour désherber. Tout le monde met la main à la pâte quand ils voient qu’il y a besoin”, salue-t-elle, reconnaissante. Elle-même, c’est avec plaisir qu’elle prend soin de ses fleurs au quotidien. “Comme nous, elles ont besoin de boire, de manger et d’être belles. Il leur faut de l’eau tous les deux ou trois jours : l’avantage à Tautira-les-bains, c’est qu’il pleut souvent, donc l’arrosage est automatique !”, s’amuse-t-elle.
Ah-Lan Tching est dans son élément et ça se voit : “J’aime venir me ressourcer à l’intérieur de ma serre. C’est apaisant. L’horticulture, c’est un métier qui demande de la patience : on prend le temps de voir les plantes grandir. Ce n’est pas prêt à vendre tout de suite comme dans la restauration.” Un exemple qu’elle ne prend pas tout à fait par hasard, tenant également une roulotte depuis bientôt dix ans au parc Tatatua. Et depuis fin mars, elle siège au conseil municipal de Taiarapu-Est en tant que conseillère.
Qui dit passion, dit projets : après la récente rénovation de sa serre, Ah-Lan Tching envisage de développer et peut-être de diversifier sa production florale dans les années à venir.
Des clients conquis
Curieux, passionnés et revendeurs étaient déjà au rendez-vous avant 8 heures, ce lundi matin. La serre s’est animée : les visiteurs se sont succédé dans les allées fleuries et les brouettes ont défilé vers les coffres et les bennes des voitures. Résidente de Hitia’a, Lucie est repartie avec une cinquantaine de pots : “C’est une fleur que j’aime bien et qui dure longtemps. Je me prépare déjà pour la Toussaint. Ce n’est pas cher, donc autant en profiter !” À 1.000 francs le jeune pied au lieu de 2.500 francs, le tarif est effectivement attractif. Résidente de Papara, Jeanne était accompagnée de deux amies de Papeete. “Je suis passionnée par les plantes : on n’en a jamais assez ! On peut fleurir les tombes, mais ça sert aussi pour les anniversaires et l’école. On a tout à disposition pour les bouquets et les couronnes. On va dire que je joins l’utile à l’agréable”, souligne-t-elle. Téléphone en main, Sarah était quant à elle missionnée par sa sœur : “Elle n’a pas certaines couleurs. C’est pour compléter sa collection !”
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