Trois projets pour un avenir meilleur

Trois projets pour un avenir meilleur

Trois projets pour un avenir meilleur
Moorea, le 27 mai 2026 - Des représentants du Fonds Natura Porinetia, piloté par la Fape, se sont rendus mardi à Moorea pour visiter trois projets lauréats de l’édition 2026 : Fare Aru, Ha’api’ira’a Taumata Fe’e 2026 et To’a no ananahi. Cette visite a permis de découvrir des actions dédiées à la protection de l’environnement, à la transmission des savoirs ainsi qu’à l’éducation des jeunes autour du patrimoine naturel et culturel.

Mardi, des représentants du Fonds Natura Porinetia, piloté par la Fédération des associations de protection de l’environnement (Fape), ont effectué une visite de terrain à Moorea afin de rencontrer les porteurs de trois projets lauréats sélectionnés pour l’année 2026 et soutenus financièrement par le dispositif. Ils ont ainsi découvert les initiatives portées par la fédération Tāhei 'Autī ia Moorea, l’association Aimeho Va’a Tā’ie et l’association To’a Hine Spearfishing.

La matinée était consacrée à la visite du projet “Fare Aru”, dans la vallée d’Opunohu. Porté par la fédération Tāhei 'Auti ia Moorea, ce site s’étend sur plus de deux hectares et abrite une grande collection de ‘uru de Polynésie, avec 61 variétés recensées. Cette année, le projet poursuit son développement avec le soutien du gouvernement et de la commune de Moorea-Maiao. Il vise à devenir un espace de transmission culturelle et environnementale pour les enfants de l’île Sœur et les jeunes d’autres îles. Les visiteurs ont pu découvrir les futurs aménagements, dont le fare pōte'e et le fare ihi, dédiés à l’enseignement du patrimoine naturel et culturel en reo tahiti. Le site comprendra également des espaces d’accueil et de vie, ainsi qu’un sentier déjà enrichi de nombreuses plantations alimentaires traditionnelles.

L’après-midi, la délégation s’est rendue à Pu Atitia, à Paopao, pour le projet Ha’api’ira’a Taumata Fe’e 2026, porté par l’association Aimeho Va’a Tā'ie. Ce programme éducatif vise à reconnecter les jeunes à la protection du lagon à travers la navigation traditionnelle, la culture mā’ohi et des actions de sensibilisation environnementale. En 2026, quatre stages gratuits sont proposés aux enfants de 6 à 15 ans, mêlant navigation en pirogue, observation de la nature, ateliers culturels et actions de nettoyage du littoral et du lagon.

Enfin, le projet To’a no ananahi, porté par l’association To’a Hine Spearfishing, a été présenté. Il vise à sensibiliser les jeunes à la pêche durable et à la préservation du lagon à travers des ateliers, des immersions et des rencontres avec des acteurs locaux, notamment lors d’un déplacement pédagogique à Bora Bora. Grâce à une subvention de 300 000 francs du Fonds Natura Porinetia, l’association pourra financer les activités pédagogiques et les supports éducatifs. L’objectif affiché est de former les “ambassadeurs de demain” et de renforcer la transmission des savoirs tout en encourageant la protection du lagon.

Jean-Claude Foglia, responsable du Fonds Natura Porinetia pour la Fape : “Éducation et sensibilisation pour un développement durable”
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“L’objectif de ces projets est aussi l’éducation et la sensibilisation à l’environnement pour un développement durable. C’est une partie importante pour nous, à la Fape. Il y a aujourd’hui une véritable prise de conscience des nuisances que l’homme peut apporter à la nature, et il est essentiel de bien les connaître pour mieux la préserver. Depuis les années 1960, l’île de Moorea a beaucoup changé. Il y a eu beaucoup de constructions, de transformations. Il faut donc faire des efforts importants pour maintenir la vie dans le lagon et sur terre. Il ne faut pas lâcher. Il faut continuer. Nous suivons les projets étape par étape et, si nécessaire, nous les accompagnons. Nous avons de nombreux contacts et compétences dans le milieu associatif. Nous essayons aussi de soutenir des projets pérennes, qui s’inscrivent dans le temps et ne soient pas des actions ponctuelles sans suite.”

Taina Orth, co-présidente de l’association Toa Hine Spear Fishing : “On voulait que nos jeunes voient comment les gens pêchent ailleurs”
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“Avec sept adolescents de Moorea, qui font un cycle de perfectionnement avec nous depuis l’année dernière, on va faire, grâce au projet To’a no ananahi, un échange culturel et sportif avec les jeunes de Bora Bora, en chasse sous-marine et pour la connaissance de la préservation de la ressource avec les rāhui. Donc, on fera un échange sur le PGEM à Moorea et le rāhui là-bas à Bora Bora. On va aussi accueillir des touristes pour un jour pour leur expliquer en anglais quels sont les poissons, comment on les mange, comment on les prépare. Concernant les thèmes, il y aura la pêche durable, la préservation de la ressource avec les rāhui et les ZPR (Zones de pêche réglementée) que l’on a. Ça va être un moment d’échange de pratiques pour la pêche sous-marine, comment eux ils pêchent, quelles espèces, etc. Il y aura aussi la présentation de notre culture, avec des élèves qui vont se présenter sous forme de 'ōrero avec la montagne, la passe, la rivière, la commune, etc. On a mis en place ce projet parce qu’on voulait que nos jeunes voient comment les gens pêchent ailleurs et quelles sont leurs habitudes.”

Poema Duprel, présidente de l’association Aimeho Va’a Tā’ie : “Que les enfants sachent qui ils sont et d’où ils viennent”
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“L’idée du projet Ha’api’ira’a Taumata Fe’e 2026, c’est de garder les mêmes enfants le plus longtemps possible afin de travailler avec eux sur les thèmes liés au va’a fenua et au va’a moana. Par exemple, nous travaillons autour du fa’a’apu, pour apprendre à se nourrir, à planter pour les générations futures et à anticiper les grands voyages. Toute une philosophie de vie se construit autour de cela. Nous abordons aussi le ahimā’a et la notion d’identité culturelle, afin que les enfants sachent qui ils sont et d’où ils viennent. Nous travaillons également sur la toponymie liée à leur environnement : la montagne, la rivière, la passe, les pointes, la pirogue ou encore les étoiles. Enfin, nous abordons la généalogie, à travers les parents et les grands-parents, pour qu’ils prennent conscience qu’ils font partie d’un environnement qu’il faut entretenir, protéger et préserver. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes ressources qui m’ont transmis leur savoir et, pour moi, mon devoir aujourd’hui est de le transmettre à mon tour aux enfants.”

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