Portrait : Samuel RAAPOTO (1921-1976)

Issu d’une grande famille protestante, Samuel RAAPOTO est né à Tevaitoa, sur l’île de Raiatea, le 22 mai 1921.

Après une formation à l’école pastorale de Tahiti, il devient pasteur de la paroisse protestante de Mahaena.

De 1948 à 1951, il suit une formation théologique à Hermon. Il est nommé pasteur de la grande paroisse de Makatea, tout en occupant un emploi de bureau à la Compagnie des phosphates qui est frappée de l’autorité morale et spirituelle qu’il exerce sur les ouvriers de la Compagnie.

En juin 1958, il se rend en France pour y suivre un stage d’une année à l’Institut Martin Bucer de Strasbourg.

Au mois de septembre 1959, il rentre au pays et devient aussitôt Secrétaire Général de l’Eglise Evangélique aux côtés du pasteur Mauer, poste qu’il occupera jusqu’en 1963.

En 1963, en remplacement du pasteur Koringo, il devient le premier président de l’Eglise Evangélique de la Polynésie française. Il occupera cette fonction jusqu’à sa mort le 15 juin 1976.

Durant la période 1963-1973, sous son impulsion, l’Eglise développe ses œuvres sociales (Internat de Taravao et Uturoa, centre social Moria ; création du foyer des jeunes filles de Paofai), planifie le travail scolaire (Taunoa ; Ecole ménagère d’Uturoa), s’engage dans la voie oeucuménique et recherche des liens avec les Eglises sœurs du Pacifique, tout en renouant avec la tradition d’évangélisation des premiers temps (Association Papeiha).

Attentif à tous les évènements qui se produisent sur le territoire polynésien, il porte un regard sur « les questions sociales et politiques dont les implications culturelles sont inséparables du contexte particulier de l’Eglise protestante ».

Membre de la Communauté Evangélique d'Action Apostolique (C.E.V.A.A), une Communauté d'Églises protestantes en Mission, créée en 1971 à Paris, il est appelé à faire de nombreux voyages en Europe et en Afrique, marquant ainsi la place vivante qu’occupe l’Eglise Evangélique de Polynésie dans le concert des Eglises du Conseil Œcuménique.

En 1942, il épouse Vahine MOUT HAM, de Papara, dont il a cinq enfants : Jean-Marius, Edna, Edgar, Christian et Duro son dernier fils qui suivra ses traces.

En 1974, il devient membre de l’Académie Tahitienne, Fare Vana’a.

Le 15 juin 1976, le pasteur Samuel RAAPOTO est emporté par un malaise cardiaque. Ses dernières paroles confiées à la presse quelques jours plus tôt fut les suivants : « Que jamais les polynésiens n’en viennent à la violence ».

A ses obsèques, le gouverneur Charles SCHMITT déclara : « Son audience allait au-delà de son Eglise, au-delà du Territoire… ses conseils étaient toujours attendus. Sa personnalité a marqué bien des hommes. Et pourtant il est resté le même, humble, discret, toujours préoccupé des autres »

En hommage à Samuel RAAPOTO, un lycée de l’Eglise protestante ma’ohi es inauguré en son nom en 2000.

Source:

- TAHITIENS, Patrick O'REILLY et Raoul TEISSIER, Bibliothèque patrimoniale de la Polynésie française, Collection Archives PF

- Henri Vernier (1986) Au vent des cyclones PUAI NOA MAI TE VERO- Missions protestantes et Eglise évangélique à Tahiti et en Polynésie française, Editions Olivetan

- Lycée Samuel Raapoto