130 ans d’histoire : 1888-2018

Annexion des Iles-Sous-le-Vent.

Les grandes dates:

* 16 mars.1888 Annexion de Huahine.

L'île de Huahine et Maia'o, sa dépendance, demeure indépendante jusqu'en 1888 pour finalement devenir colonie française en 1898.

* 17 mars 1888. Annexion de Raiatea.

L'île de Raiatea et dépendance reste indépendante jusqu'en 1880. Protectorat français de 1880 à 1888, annexé en 1888, l'île devient officiellement colonie française en 1898.

* 19 mars 1888. Annexion de Bora Bora.

L'île perd son indépendance en 1888 pour intégrer officiellement le domaine colonial français en 1898.

* 21 mars 1888 . Attaque des marins français à Huahine.

Début de la guerre des îles Sous-le-Vent.

L'annexion:

« Au début du XIXe siècle, le groupe des îles-Sous-Le-Vent forment trois grandes monarchies indépendantes qui vont perdre progressivement leurs souverainetés au profit de la France. Chacune d'elles était divisée en huit voire dix chefferies indépendantes gouvernées par des "Ari'i" ou "chefs", ceux-là même se trouvant vassaux d'un chef suprême appelé "Ari'i Rahi" ou "Grand-chef". C'est par ce titre que les souverains suprêmes de ces îles sont désignés jusqu'à l'édition des premières lois écrites (1821 et 1823) qui sanctionnent la naissance d’États centralisés et chrétiens (protestants).»

« Le protectorat de 1880 se trouvait régularisé sur le plan du droit international et préparait l’annexion, mais une partie des chefs contesta l’immixtion française, dès le deuxième semestre 1887.

Le 16 mars 1888 le gouverneur français des Établissements français de l'Océanie Théodore Lacascade (1886-1893) déclare l'annexion de ces îles à la France sans toutefois l'aval de l'ensemble des autorités et habitants de ces îles. Les insurgés se regroupent dans les districts d’Avera et de Tevaitoa sous la direction du chef Teraupoo, chef de Raiatea.

Huahine et Bora-Bora, ainsi que leurs dépendances respectives, sont organisées en un établissement distinct soumis à une forme de protectorat français jusqu’en 1895. Le nouveau gouverneur, Papinaud obtiendra, grâce à d’habiles négociation, l’abdication des Reines de Huahine et Bora-Bora.

Teraupoo, le chef de Raiatea, quant à lui, s’oppose à la France et pendant une longue période il fait la loi à Raiatea. Six districts de l’île et trois de Taha’a lui sont acquis et arborent le pavillon “rebelle” au côté du drapeau britannique et ira « taxer » les produits et les bateaux qui circulent dans les zones qu’il contrôle. Teraupoo tiendra ainsi la dragée haute aux autorités et à l’armée française jusqu’en 1896.

La campagne de Ra’iatea-Tahaa entre janvier-février 1897 fait intervenir les colonisateurs français pour des opérations militaires engageant trois navires et plus de mille soldats. Le 27 décembre 1896, le gouverneur Gallet, qui a remplacé Isidore Chessé, donne un ultimatum de 4 jours aux rebelles de Ra’iatea et de Tahaa :

« Vos affronts répétés au pavillon français ont lassé la patience du Gouvernement de la République. Je viens donc avec des soldats et des navires de guerre pour vous contraindre à déposer vos armes et à rentrer dans l’obéissance. Je vous accorde un nouveau et dernier délai de quatre jours pour écouter la voix de la raison et faire votre soumission complète.

Si à l’expiration de ce délai, mon appel n’a pas été entendu, les troupes dont je dispose marcheront contre vous et vous serez châtiés comme vous le méritez. Je vous préviens en outre que si vous m’obligez à employer la force armée, je confisquerai les territoires que vous occupez et prendrai à l’égard de vous tous les mesures les plus sévères.

Je vous somme donc d’avoir à évacuer vos districts sans aucun retard et à vous rendre avec vos chefs, vos familles, vos armes et vos munitions, vendredi prochain 1er janvier, avant 7 heures du matin… »

Le 3 janvier, la bataille de Tevaitoa fait 17 morts et cinq blessés dans les rangs des résistants.

Teraupoo est fait prisonnier le 15 février 1897 avec son épouse dans une grotte de la vallée de Vaiaau. La conquête de Ra’iatea et de Tahaa par les soldats français prend l’allure d’une expédition punitive durant quarante-six jours, entraînant la mort de quarante-sept insurgés et la déportation de 177 personnes dans l’île d’Ua Huka, aux îles Marquises. Les dix principaux leaders de la révolte sont déportés en Nouvelle- Calédonie jusqu’en 1903.

Dès 1797, les habitants des Iles-Sous-le-Vent sont soumis à un code indigène, appelé « Les Lois codifiées », jusqu’en 1946, année de la proclamation de la citoyenneté française à l’ensemble des sujets des colonies françaises.

En 1898, le Parlement français peut finalement ratifier l’annexion de toutes les îles.