
Les promesses des cellules souches en médecine régénérative
Jeudi 21 mai
18h – association philanthropique chinoise
par Michel COHEN-TANNOUDJI
Directeur de recherche CNRS – Institut Pasteur
Avant l’implantation, l’embryon de mammifère renferme des cellules remarquables, capables de donner naissance à l’ensemble des cellules constituant le futur individu. Ces cellules, dites pluripotentes, ne persistent que brièvement et se différencient rapidement pour former les cellules fondatrices des différents organes. L’étude des cellules souches embryonnaires pluripotentes a profondément transformé la recherche en biologie, en offrant une meilleure compréhension du développement embryonnaire, en permettant la modélisation de maladies humaines, et en ouvrant de nouvelles perspectives en médecine régénérative.
La réparation ou le remplacement des tissus défectueux ou usés constitue un rêve multi-centenaire de la médecine. En complément de la greffe d’organes, dont le principal obstacle reste la pénurie de donneurs, la médecine régénérative apparaît aujourd’hui comme une approche prometteuse, tirant parti du potentiel remarquable des cellules souches pour restaurer ou suppléer des organes défaillants, que ce soit après des traumatismes ou à la suite de maladies invalidantes. En effet, les cellules souches, et plus particulièrement les cellules souches embryonnaires, se distinguent par leur capacité à se multiplier indéfiniment et à se différencier en tout type cellulaire, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour remplacer des tissus et des cellules endommagés. Après de nombreuses années de recherche fondamentale, le nombre d’essais cliniques évaluant des traitements à base de cellules souches ou de leurs dérivés pour des maladies telles que le diabète, la dégénérescence maculaire, l’épilepsie ou la maladie de Parkinson a fortement augmenté ces dernières années, laissant entrevoir, dans les cinq à dix prochaines années, des applications concrètes pour les patients.
CONFÉRENCE AUX PROFESSIONNELS DE SANTÉ
Cellules souches et édition du génome : état de la recherche et perspectives médicales
Mercredi 20 mai, 17h
Amphithéâtre du CHPF
Les avancées spectaculaires réalisées au cours des dernières décennies dans le domaine des cellules souches, ainsi que dans celui de l’édition du génome, ont transformé en profondeur la recherche fondamentale en biologie. Les technologies comme les cellules souches pluripotentes induites (iPSC) ou les ciseaux moléculaires CRISPR/Cas9 ont également ouvert la voie à des approches thérapeutiques jusque-là inaccessibles en clinique humaine. Le nombre d’essais cliniques reposant sur ces approches innovantes connaît une croissance rapide et sont porteurs d’espoirs, tant pour le traitement de maladies génétiques rares que pour la médecine régénérative, en offrant la possibilité de corriger des défauts génétiques ou de remplacer des cellules endommagées.

En partenariat avec :
Air Tahiti Nui

MICHEL COHEN-TANNOUDJI

Directeur de recherche CNRS – Institut Pasteur, Paris
Responsable du groupe « Développement précoce des mammifères et biologie des cellules souches »
Biologiste spécialisé en génétique moléculaire, développement préimplantatoire et biologie des cellules souches, je dirige à l’Institut Pasteur à Paris une équipe de recherche qui s’attache à décrypter les mécanismes à l’origine de l’émergence de nouvelles identités cellulaires à partir de cellules indifférenciées. Ce processus fondamental intervient aussi bien lors du développement embryonnaire que dans l’homéostasie et la réparation des tissus adultes, et son dérèglement contribue à des pathologies majeures telles que le cancer ou le vieillissement. Mon équipe fait partie du réseau REVIVE – Biologie régénérative et médecine –, consortium de recherche, d’innovation et de formation sur les cellules souches, la modélisation des maladies, la médecine régénérative et le vieillissement. Parallèlement à mes activités de recherche, je suis fortement engagé dans l’enseignement et la médiation scientifique. Je co-dirige notamment le cours intensif “Mouse Genetics for Disease Modelling” à l’Institut Pasteur, qui propose chaque année pendant cinq semaines une formation approfondie aux méthodes et enjeux de la génétique médicale et expérimentale chez les mammifères