De l’enseignement à la navigation : la reconversion de Léa Urvoix

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
J’ai 39 ans et je suis d’origine guadeloupéenne. Je vis en Polynésie depuis maintenant trois ans.
Avant de me lancer dans cette nouvelle aventure professionnelle, j’étais professeur des écoles.
Aujourd’hui, je suis en pleine reconversion vers le secteur maritime. L’année dernière, j’ai suivi la formation de Matelot pont au CMMPF, ce qui a marqué le début concret de ce nouveau parcours.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’orienter vers les métiers de la mer ?
La mer a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi entourée de bateaux : mon père travaillait dans la construction navale et j’ai très tôt été familiarisée avec cet univers. J’ai également pratiqué la voile, et je suis même arrivée en Polynésie en voilier. Toutes ces expériences ont nourri mon envie d’apprendre à naviguer et de travailler en mer. Au départ, j’ai suivi la formation de Matelot pont dans l’objectif de devenir hôtesse-cuisinière à bord de bateaux de charter. Mais rapidement, j’ai eu envie d’aller plus loin et d’acquérir davantage de responsabilités, encouragée par la société de charter avec qui je travaille régulièrement. C’est ce qui m’a poussée à intégrer la formation C200, avec l’ambition de devenir capitaine.
Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de ton entrée en formation ?
Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est la découverte de la partie mécanique. Voir les gros moteurs, les démonter, comprendre leur fonctionnement et pouvoir travailler directement sur les pièces mises à disposition pour l’apprentissage est très impressionnant et passionnant.
Tu as terminé major de promotion dans la formation Matelot pont : quel a été ton secret pour réussir et quels ont été les principaux défis que tu as rencontrés ?
Je ne dirais pas qu’il existe un secret particulier pour réussir. J’avais déjà quelques bases grâce à mes expériences passées, ce qui m’a aidée. Mais la clé reste l’assiduité, le travail régulier et surtout la motivation. Il faut être prêt à s’investir pleinement, à réviser sérieusement et à rester concentré sur ses objectifs.
Y a-t-il un moment fort ou une anecdote qui t’a particulièrement marquée pendant la formation ?
Ce qui me marque le plus, c’est la cohésion du groupe. Dans la promotion, nous venons tous d’horizons différents et avec des expériences variées. Chacun apporte ses compétences et ses connaissances, ce qui crée beaucoup d’entraide. Nous nous complétons les uns les autres et cela rend l’expérience particulièrement enrichissante.
Le secteur maritime reste encore largement masculin. As-tu rencontré des difficultés particulières en tant que femme ? Comment décrirais-tu l’ambiance et la solidarité au sein de ta promotion ?
Personnellement, je n’ai pas ressenti de difficulté particulière liée au fait d’être une femme. J’ai trouvé ma place, aussi bien dans le milieu professionnel que dans ma promotion. On peut parfois imaginer que c’est difficile de s’imposer dans ce secteur, mais en Polynésie je pense que c’est tout à fait possible. Les mentalités évoluent progressivement. On peut encore parfois penser que certaines tâches seraient trop difficiles pour les femmes ou qu’elles seraient plus fragiles ! Pourtant, les femmes sont tout à fait capables de faire beaucoup de choses dans ce domaine, plusieurs capitaines des sociétés de charter des Raromatai sont des femmes.
Quel message souhaiterais-tu adresser aux jeunes femmes qui hésitent à se lancer dans ce secteur ?
Je leur dirais simplement de foncer. Les formations sont accessibles et adaptées à tous. Les femmes
ont toute leur place dans ce secteur et il y a de réelles opportunités professionnelles. C’est un domaine passionnant et qui offre beaucoup de perspectives.
Quels sont tes projets professionnels après cette formation ? Souhaites-tu continuer à te former ?
Mon objectif est de devenir capitaine sur un bateau de charter, pour cela, je vais devoir valider mon BC200 par 6 mois de navigation. Ensuite, je souhaite continuer à me former pour évoluer dans le secteur maritime. J’aimerais notamment passer le module voile, qui me permettra de naviguer plus loin et, à terme, poursuivre jusqu’à la formation C 500.
Qu’as-tu appris sur toi-même durant cette formation ?
Cette formation m’a permis de réaliser que mes expériences passées m’avaient déjà apporté beaucoup de connaissances et de compétences. Cela m’a donné davantage confiance en moi et dans ma capacité à réussir dans ce nouveau domaine.
Si tu devais résumer ton expérience au C200 en trois mots, lesquels choisirais-tu ?
Je dirais : cohésion, implication des formateurs et enrichissant.
Quel conseil donnerais-tu aux futurs stagiaires du C200 et du CMMPF ?
Je leur dirais de ne pas hésiter et de se lancer. Les formateurs sont très à l’écoute et vraiment impliqués dans la réussite des stagiaires. Pour ceux qui viennent de loin, que ce soit de la Presqu’île ou des îles, il existe des aides : il ne faut pas hésiter à se renseigner auprès du CMMPF, qui accompagne très bien les candidats.
Si vous êtes motivé, travailleur et rigoureux, foncez ! Ce sont des métiers qui demandent beaucoup de responsabilités, mais ce sont aussi des métiers passionnants avec de belles perspectives.

