Grève à l’OPT : Hina Delva rappelle un déficit de 1,7 milliard de Fcfp

Le mouvement de grève engagé à l’OPT n’est pas encore terminé. Direction et syndicats poursuivaient encore ce samedi matin leurs discussions autour d’un projet de protocole d’accord, au siège de l’OPT. Si certaines avancées ont été enregistrées, les négociations achoppent encore sur plusieurs points sensibles, notamment liés aux primes et aux rémunérations.
Pour la présidente-directrice générale du groupe, Hinatevahinetureiariki Delva, les échanges se sont globalement bien déroulés jusqu’ici : « Nous avons effectivement arrêté nos négociations hier qui se sont bien passées. Il nous reste les points durs, les points qui ont une incidence financière pour le groupe OPT », explique-t-elle. Elle rappelle que l’entreprise fait face à une situation budgétaire fragile : « Le groupe OPT est une société qui est déficitaire. On a un déficit de 1,7 milliard ».
Dans ce contexte, chaque revendication impliquant des dépenses supplémentaires doit être examinée avec prudence. La direction dit être prête à faire des concessions, mais demande en contrepartie des efforts temporaires de la part des salariés. « Si je donne un accord sur ces points de revendication, ça veut dire qu’en contrepartie, je souhaite avoir un gel d’un certain nombre de choses, notamment des salaires et des primes, tant que la situation du groupe OPT ne trouvera pas une aisance financière.(…) Parce que moi, je ne peux pas demander une contribution financière de la part du pays, et puis à côté de ça, dire OK sur des choses », précise la PDG.
Une entreprise entre missions publiques et concurrence
Au-delà du conflit social, la direction met aussi en avant les transformations profondes que connaît l’OPT depuis l’ouverture à la concurrence, notamment dans les télécommunications. Autrefois, les bénéfices de ce secteur permettaient de compenser les pertes d’autres activités comme la banque ou le service postal. « À partir du moment où on a ouvert à la concurrence, ça nous a impacté sur notre chiffre d’affaires (…) Le déficit, il est là. C’est l’évolution de l’environnement dans lequel le groupe évolue, la concurrence internationale, même locale. Donc c’est, on va dire, une navigation très délicate pour le groupe OPT« , rappelle Hina Delva.
L’entreprise continue par ailleurs d’assurer des missions de service public sur l’ensemble du territoire, y compris dans des îles peu rentables. « Nous avons 82 agences réparties partout en Polynésie. (…) Nous avons un travail effectivement que nous menons avec le gouvernement, pour mettre en place une DSP au titre des télécommunications, notamment sur la partie mobile et la partie data, mais également sur la partie bancaire, puisqu’il n’y a aucun opérateur bancaire qui souhaite être à Puka Puka, forcément. Donc, nous faisons cette mission, mais à ce jour, nous n’avons pas d’aide en termes de subvention de fonctionnement de la part du pays, mais ce sont des discussions que nous menons actuellement avec le pays », souligne-t-elle. « Je voudrais juste rappeler quand même un point qui est essentiel. Nous avons eu la chance d’avoir une contribution financière de la part du pays qui était plus importante en 2026. Mais cette contribution, elle ne vient pas payer les avantages du groupe OPT, en tout cas des salariés » ajoute encore la PDG.
Des syndicats prudents mais ouverts
Du côté de l’intersyndicale, les discussions se poursuivent également. Les représentants des salariés disent avoir reçu de nouvelles propositions de la direction, qui doivent encore être étudiées.
« Il y a des nouvelles propositions que la direction nous a transmises il y a une heure. C’est ça un peu qui nous chagrine. Ça concerne des articles sur des primes, sur la grille salariale », indique Cyril Legayic de la CSIP.
Même constat pour Patrick Galenon, secrétaire général de la CSTP-FO, qui évoque des désaccords sur certaines primes liées aux objectifs : « Les contre-propositions ne collent pas tout à fait avec nos souhaits. Mais là où ça nous heurte un petit peu, c’est cette fameuse prime qui avait été accordée par rapport à des objectifs. On nous dit que quand vous avez des objectifs, vous avez une prime, donc quand l’objectif est atteint, il faut que la prime soit là », reconnaît-il.
Pour autant, les syndicats affirment privilégier la négociation plutôt que l’escalade. « Nous ne sommes pas là pour durcir, nous sommes là pour essayer de négocier. Et bon, en espérant que monsieur le ministre Dexter, qui chapeaute l’OPT, puisse avoir des objectifs précis par rapport à la direction. Mais la direction nous ramène, justement, à cette notion de public et de privé. Je pense que c’est là la difficulté. Chaque année, on a des déficits, des déficits qui sont peut-être dus au caractère public de la chose. Mais il n’y a pas de subvention qui arrive. Alors, au lieu d’avoir ces subventions, on tape sur les salariés. C’est là où ça ne va pas. Après, il ne faut pas se noyer dans un verre d’eau », assure Patrick Galenon, qui espère toujours une signature rapide d’un accord.
Les discussions doivent se poursuivre afin de tenter de trouver un compromis et mettre fin au mouvement social. Aucun protocole d’accord ne devrait toutefois être signé ce week-end a confirmé Hina Delva.
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